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Seine-Saint-Denis: un restaurateur s'excuse après avoir chassé deux femmes voilées

Après avoir chassé samedi deux clientes voilées de son restaurant à Tremblay-en-France, le dirigeant de l'établissement a présenté ses excuses ce dimanche. Ses propos islamophobes "ont dépassé ses pensées".

"Des gens comme vous, j'en veux pas chez moi, point barre." Voilà comment s'est envenimée une discussion dans un restaurant à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, samedi. Le gérant de l'établissement s'en est pris à deux musulmanes voilées, en tenant des propos islamophobes.

"Madame, les terroristes sont musulmans et tous les musulmans sont des terroristes", a lancé le patron, les invitant à sortir de son restaurant.

Pendant ce temps, l'une d'elle filme la scène sur son téléphone portable puis poste la vidéo sur Internet. Très vite, la polémique enfle.

Ce dimanche, le patron du restaurant a fini par formuler des excuses aux deux clientes, et plus généralement à la communauté musulmane.

"J'ai pété un câble (…) Je tiens à m'excuser devant les caméras de mes paroles qui ont dépassé mes pensées", a déclaré Jean-Baptiste au micro de BFMTV, après avoir échangé avec des jeunes musulmans, venus s'expliquer avec le restaurateur.

Dans une "discussion tendue", il a justifié son emportement en évoquant le climat de polémique autour de la question du burkini et le fait que l'un de ses amis était "mort au Bataclan". 

Un jeune musulman, qui a discuté avec le restaurateur estime qu'il y a "un problème d'éducation de la population". Selon lui, il est nécessaire d'apprendre "ce qu'est vraiment l'islam". 

Une enquête ouverte pour "discrimination à caractère racial"

De leur côté, les deux femmes ont tout de même l'intention de porter plainte. Le parquet de Bobigny a lui ouvert une enquête ce dimanche pour "discrimination à caractère racial".

La classe politique n'a pas manqué de réagir. Sur Twitter, la ministre Laurence Rossignol a indiqué avoir saisi la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra) afin d'engager des "investigations" et des "sanctions".

François Asensi, député-maire de Tremblay-en-France, a dénoncé un "amalgame inacceptable entre les terroristes et les musulmans", dans un communiqué publié sur Facebook. Il regrette "un climat délétère", "les instrumentalisations odieuses de ces derniers mois" ainsi que "la polémique nauséabonde du burkini". 

Dans BFM Politique, Laurent Wauquiez a dénoncé des propos "indignes". "Il les a corrigées et c'est tant mieux", a indiqué le président du parti Les Républicains.

P. P. avec Olivier Boulenc et Justine Fontaine