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RIC, vaccins, 80 km/h: l'antisèche des sujets sur lesquels vous risquez de débattre à table

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Afin de passer un repas de réveillon serein, mieux vaut être au point sur certains sujets d’actualité. BFMTV vous donne quelques clés pour ne pas botter en touche pendant le dîner.

Qu’est ce que le RIC, demandé par de nombreux gilets jaunes?

C'est devenu la revendication emblématique du mouvement des gilets jaunes: l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne (RIC). Ce référendum vise à faciliter la consultation du peuple, sans associer le Parlement en amont. Dans une liste de revendications diffusée fin novembre, des "gilets jaunes" demandaient qu'une proposition de loi obtenant 700.000 signatures - sur un site Internet sous le contrôle d'un organisme indépendant - entraîne un référendum national dans un délai d'un an, après un passage pour éventuel amendement à l'Assemblée nationale.

En France, une forme particulière de référendum, qui se rapproche du RIC, existe déjà dans la Constitution: c'est le "référendum d'initiative partagée". Outre les référendums à l'initiative de l'exécutif ou du Parlement, la réforme constitutionnelle de 2008 sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy a en effet inscrit la possibilité, dans de strictes conditions, d'un "référendum d'initiative partagée". Pour le mettre en oeuvre, il faut "un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales", soit au moins 185 députés et sénateurs et plus de 4,5 millions d'électeurs. Un processus jugé trop compliqué.

  • Gilets jaunes: le Smic va-t-il augmenter de 100 euros?

Le 10 décembre dernier, Emmanuel Macron annonçait une série de mesures pour calmer la grogne des gilets jaunes. Parmi ces dernières, une augmentation de 100 euros du salaire d’un travailleur au Smic, “sans qu’il n’en coûte rien à leur employeur”. Très vite, cette annonce a entraîné une grande confusion sur son mode de calcul. En réalité, il ne s’agit pas d’une augmentation du Smic, comme le réclamaient de nombreux gilets jaunes, mais d’un coup de pouce à la prime d’activité. Au final, le chiffre de 100 euros englobe trois mesures différentes: la baisse des cotisations salariales en 2018 (20 euros), la hausse du montant maximal de la prime d’activité (60 euros) et enfin, la hausse du Smic de 1,80% prévue en janvier 2019 (20 euros).

Climat: 2018, année de tous les records en France

Le thermomètre voit rouge. L’année 2018 a été la plus chaude jamais connue en métropole depuis 1900! Selon Météo France, la moyenne de la température annuelle, proche de 14°C, devrait se situer 1,4°C au-dessus de la moyenne de référence 1981-2010. Cette chaleur inédite s'est invitée dès janvier, "au premier rang des mois de janvier les plus doux", avant un mois de février frais et un mois de mars "proche de la normale", a détaillé Météo-France. Depuis avril, "les températures sont restées en moyenne plus élevées que la normale", avec un été particulièrement chaud, le plus chaud après 2003 et sa canicule meurtrière.

"D'avril à décembre, la France a ainsi connu neuf mois chauds consécutifs. Une telle séquence est inédite depuis le début du XXe siècle", relève l'institut météorologique.

Pour Météo-France, "les situations météorologiques ne peuvent expliquer à elles seules une année aussi chaude" et le phénomène s'inscrit bien dans le réchauffement climatique. Lancée par quatre ONG, une pétition en ligne destinée à soutenir un recours en justice contre l'Etat français pour "inaction climatique" avait recueilli, lundi 24 décembre, plus de 1,6 million de signatures. Du jamais vu en France.

Héritage de Johnny Hallyday, où en est la guerre des clans?

Depuis la mort du Taulier, David Hallyday et Laura Smet, les aînés du chanteur, sont toujours en guerre ouverte avec Leaticia Hallyday. Le frère et la sœur contestent le testament de Johnny, rédigé en juillet 2014 sous le sceau de la loi californienne. Dans le document, le rockeur lègue tous ses biens à sa dernière épouse et à leurs filles adoptives, Jade et Joy. Le chanteur n’a pas mentionné David et Laura car il leur avait déjà fait des donations de son vivant. Dans ce testament, il est aussi inscrit que l’ensemble des actifs et du patrimoine du chanteur soient regroupés dans un trust géré par la Bank of America et dont la veuve de Johnny est l’unique bénéficiaire.

David et Laura réclament que la succession de leur père soit soumise aux règles françaises. Selon cette réglementation, un quart du patrimoine de Johnny reviendrait à Laeticia, tandis que chacun des quatre enfants recevraient chacun 3/16e des revenus. La veuve de l’idole des jeunes demande de son côté que la justice française se déclare incompétente au profit de la justice américain. Cette question sera débattue le 29 mars prochain au tribunal de Nanterre.

La réforme des 80 km/h, une mesure encore contestée

En juillet dernier, la limitation sur les routes secondaires en France est passée de 90 à 80 km/h. La mesure, annoncée dès fin 2017, doit permettre d’inverser la courbe de la mortalité routière repartie à la hausse depuis 2013. Le Premier ministre, fervent défenseur de cette réforme, a cependant annoncé qu’il s’agissait d’une "expérimentation sur deux ans", qui ferait ensuite l’objet d’un bilan. Très contestée par les automobilistes, qui dénoncent un racket de l’État, la baisse de la vitesse est un sujet qui cristallise encore les tensions. Les opposants de cette mesure parlent d’une réforme "parisianiste", déconnectée de leur quotidien. Beaucoup sont persuadés que cette baisse est d’abord une mesure destinée à remplir les caisses de l’État, plutôt qu’à sauver des vies.

Depuis le 1er juillet, les automobilistes pris en infraction de dépassement de vitesse doivent donc s’acquitter d’une amende de 68 euros et perdent un point sur leur permis. Pour éviter les critiques, le ministère de l’Intérieur a expliqué que l'éventuel surplus des amendes perçues par l'Etat liées à l'abaissement de la vitesse à 80 km/h, serait affecté à un fonds d'investissement pour la modernisation des structures sanitaires et médico-sociales spécialisées dans la prise en charge des accidentés de la route.

  • Selon un premier bilan publié trois mois après l’entrée en vigueur de la mesure, la mortalité routière est effectivement en baisse: -5,5% en juillet, -15,5% en août contre une hausse limitée de 8,8% en septembre. Le troisième trimestre de 2018 a été le moins meurtrier sur les routes depuis 10 ans, avec 898 personnes décédées. Impossible pour le moment de mettre cette baisse au crédit des 80 km/h, puisque les mois précédant l'introduction de la mesure, la diminution de la mortalité était déjà fortement engagée avec une baisse de 8,4% en mai 2018 et 9,3% en juin. Après la publication de ces premiers résultats, Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la Sécurité routière, a déclaré "on peut penser que les 80 km/h ont joué un rôle mais il faut rester extrêmement prudent".

Les onze vaccins de la discorde

Depuis le 1er janvier 2018, onze vaccins ont été rendus obligatoires pour les tout jeunes enfants. C’est huit de plus qu’auparavant. Pendant plusieurs mois, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn a fait campagne pour défendre cette nouvelle obligation et en démontrer l’utilité. Parmi les nouveaux vaccins, on trouve ceux contre la coqueluche, la rougeole, les oreillons ou encore la rubéole. Selon le ministère de la Santé, cette décision d'étendre l'obligation vaccinale de trois à onze vaccins s'explique par plusieurs constats: la baisse du taux de couverture vaccinale, les décès et les handicaps provoqués par la rougeole et la méningite et la défiance grandissante envers les vaccins.

Beaucoup de parents "vaccino-septiques", ont effectivement partagé leurs vives inquiétudes concernant cette mesure. Pour certains, les vaccins ne seraient "pas sûrs" et pourraient endommager le système immunitaire.

"Je n’aime pas imposer des obligations - ce n’est pas mon tempérament - mais cela se justifie en matière de vaccination", avait alors déclaré Agnès Buzyn.

Avec cette loi, la ministre rompt avec un courant qui, depuis la loi Kouchner de 2002 “relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé”, donnait davantage de pouvoir aux patients.

Valentine Arama