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Un rapport remet en cause le port du foulard à la fac

Le rapport préconise l'interdiction en cours des "signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse" (photo d'illustration).

Le rapport préconise l'interdiction en cours des "signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse" (photo d'illustration). - -

Un rapport remis fin avril à l'Observatoire national de la laïcité préconise l'interdiction du foulard à l'Université. Pour couper court à la polémique, l'organisme s'est empressé d'indiquer que la question n'était pas d'actualité.

Douze propositions et une polémique: c'est en résumé le contenu d'un rapport remis fin avril par le Haut Conseil à l'intégration (HCI) à l'Observatoire national de la laïcité. Dans ce document, dévoilé lundi par le journal Le Monde, le HCI s'intéresse à la laïcité dans l'enseignement supérieur. Et préconise l'adoption d'une loi interdisant le port du voile dans l'enseignement supérieur.

Le Haut Conseil propose ainsi l'interdiction des "signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse" dans "les salles de cours, lieux et situations d'enseignement et de recherche des établissements publics". Un contenu qui, selon son secrétaire général Benoît Normand, ne devait néanmoins "pas être communiqué avant la fin de l'année".

Pour couper court à toute polémique, le président de l'Observatoire de la laïcité Jean-Louis Bianco a tenu lundi à préciser que "la question du port du foulard dans l'enseignement supérieur" n'était "à ce stade pas dans le plan de travail" de cet organisme, qui assiste le gouvernement sur les questions de laïcité.

"Malaise grandissant des enseignants"

Mais la question est posée. Dans son rapport, cité par Le Monde, le HCI évoque de "nombreux contentions intervenus dans tous les secteurs de la vie universitaire". Après une série d'auditions menées ces derniers mois, le Haut Conseil pointe, dans "certaines universités", les "demandes de dérogations pour justifier une absence, au port des signes d'appartenance religieuse, à des actes de prosélytisme, à la récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants, à la contestation du contenu des enseignements".

Mais les musulmans ne sont pas les seuls pointés dans le rapport. Le texte évoque aussi l'intervention, dans "certains universités", de "tenants de courants évangéliques ou néobaptistes" critiquant "les théories darwiniennes de l'évolution au profit de thèses créationnistes". Face à ce qu'il qualifie de "symptômes de la montée de revendications identitaires", il pointe "le malaise d'un nombre croissant d'enseignants".

Actuellement, seul le niqab est interdit

Actuellement, la loi de 2004 portant sur l'interdiction du port de signes religieux ostentatoires dans les établissements secondaires (collèges et lycée) ne concerne pas l'enseignement supérieur. A l'université, seul le port du voile intégral, le niqab, est interdit.

M. T.