BFMTV

PMA: l'archevêque de Paris appelle les catholiques à se "mobiliser par une parole"

Mgr Michel Aupetit, en janvier 2018.

Mgr Michel Aupetit, en janvier 2018. - Christophe Archambault - AFP

Dans une longue interview au Parisien, ce haut dignitaire de l'Eglise catholique en France revient sur les sujets du moment, et défend vigoureusement la liberté de conscience des médecins sur l'avortement.

L'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit juge "terrible" la proposition de loi déposée par des sénateurs socialistes pour supprimer la clause de conscience pour les médecins refusant de pratiquer l'IVG, dans une longue interview accordée au Parisien, et dans laquelle il revient sur les dossiers sensibles du moment, comme l'avortement, mais aussi la PMA et la GPA. 

"Le médecin est libre, c'est capital"

Pour cet ancien médecin généraliste, ordonné prêtre il y a 23 ans et qui défend une ligne très conservatrice, cette proposition de loi socialiste est "terrible". "Cela signifie qu'on entre dans une forme de dictature qui dit : 'Vous n'avez pas le droit de penser, votre conscience doit être éteinte'", affirme-t-il.

Les sénateurs socialistes ont déposé vendredi, journée mondiale pour le droit à l'avortement, une proposition de loi afin de supprimer cette clause de conscience, estimant que cette dernière "est aujourd'hui le symbole d'un pouvoir médical qui s'arroge le droit de contester la loi et continue de se mobiliser pour contrôler le corps des femmes".

A la question de savoir s'il a déjà utilisé cette clause, lorsqu'il était médecin, Mgr Aupetit répond: "Oui, bien sûr, j'ai expliqué à la patiente: 'Moi, en conscience, je ne peux pas'. Le médecin est libre, c'est capital. Cela s'appelle la relation médecin-malade. Sinon, c'est une prestation de service", explique-t-il.

"Ce droit doit absolument être préservé"

"La liberté de conscience est le droit le plus fondamental de toute société. Une société qui l'annihile, ça s'appelle une dictature. L'objection de conscience fait partie du droit médical et elle est intouchable. Ce droit doit être absolument préservé, je peux vous dire que les médecins vont réagir durement si on y touche", martèle encore Michel Aupetit. 

L'archevêque dit par ailleurs "soutenir dans son expression" le président du syndicat de gynécologue Syngof, qui a assimilé l'interruption volontaire de grossesse à un "homicide", des propos "fermement" condamnés par le gouvernement.

Appel à la mobilisation sur la PMA

Sur la question de la procréation médicale assistée (PMA), Mgr Aupetit rappelle son opposition, à l'instar de la position de la Conférence des évêques.

"Est-il pensable que l’on puisse considérer qu’un enfant n’a pas besoin de père? Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Il peut y avoir, bien évidemment, des enfants élevés sans leur père pour des raisons accidentelles ou parce qu’ils sont abandonnés mais là on décrète légalement qu’un enfant n’en a pas besoin", estime-t-il. 

Il "appelle les catholiques à se mobiliser par une parole", expliquant que "la question d'une manifestation dans la rue appartient aux citoyens, pas aux évêques". "Ce n'est pas à nous d'en organiser et nous ne le ferons pas".
A.S. avec AFP