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Plusieurs églises profanées en quelques jours

Une église en Alsace. (Photo d'illustration)

Une église en Alsace. (Photo d'illustration) - Olivier Morin - AFP

Tabernacles ouverts, hosties éparpillées, excréments jetés sur les murs... Au moins six églises un peu partout en France ont été dégradées ces dernières semaines.

Depuis fin janvier, plusieurs lieux de cultes catholiques ont été la cible de dégradations. Pas moins de six églises ont en effet été visées entre le 28 janvier et le 10 février. L'Église, qui a peu communiqué sur le sujet, préfère rester discrète afin d'éviter tout mimétisme. Seule réaction: un message posté par Mgr Olivier Ribadeau Dumas, porte-parole de la Conférence des Évêques de France:

"Des églises incendiées, saccagées, profanées. Nous ne pourrons jamais nous habituer à ce que ces lieux de paix soient la proie de violences, à ce que nous avons de plus beau et de plus précieux, le corps du Christ, soit piétiné", a-t-il écrit sur Twitter.

Au moins six Églises dégradées

Samedi, le diocèse exprimait sa "tristesse" dans un tweet, relayant des photos de profanations dans l'Église Notre-Dame de Dijon, en Bourgogne. Le tabernacle a notamment été ouvert et les hosties éparpillées.

"C’est avec beaucoup de tristesse que les prêtres et les chrétiens de la paroisse Dijon-Notre-Dame ont constaté que leur église a été profanée tôt ce matin, et particulièrement les espèces eucharistiques", a réagi le vicaire général, cité par le diocèse de Dijon sur son site. 

Avant ces dégradations, d'autres lieux de culte ont été ciblés. À Lusignan (près de Poitiers), le tabernacle de la chapelle Sainte-Anne a été fracturé, rapporte La Nouvelle République. Le ciboire contenant les hosties a été volé et celles-ci jetées dans le tabernacle. 

Deux jours plus tard, à Nîmes, des actes de vandalisme ont été constatés à Notre-Dame-des-Enfants, dans le quartier des Amoureux. Le tabernacle a été cassé, des hosties projetées sur les murs et à terre, divers objets religieux dégradés et des excréments jetés sur les murs intérieurs de l'édifice, selon des sources policières. Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête confiée aux policiers de la sûreté départementale. Une messe de réparation est prévue mercredi.

Toujours le 5 février, le feu a également été mis à un autel d'une chapelle latérale de la cathédrale Saint-Alain de Lavaur (Tarn), a indiqué le diocèse sur son site internet.

Dans les Yvelines, à Houilles, l'Église Saint-Nicolas a été vandalisée à trois reprises, le 28 janvier et les 1er et 4 février dernier. Le préfet du département, Jean-Jacques Brot, a condamné "avec la plus grande fermeté ces violences graves et inadmissibles contre ces lieux de culte".

La dernière profanation en date a eu lieu dimanche à l'église Saint-Nicolas de Maisons-Laffitte, où le tabernacle a été renversé, selon des sources policières. Une enquête a été ouverte et un homme, un SDF de 35 ans, placé en garde à vue, a reconnu les faits, selon la police.

"Cette violence est grave"

"Parmi tant de violences qui agitent notre société en ce moment, il y a aussi celles-ci: les profanations de nos églises, plusieurs ces jours-ci". Voici ce que dénonce ce dimanche l'Abbé Grosjean, secrétaire Général de la Commission éthique et politique du Diocèse de Versailles, sur Twittter: "Cette violence est grave: elle atteint des lieux de cultes, lieux de paix pour tous; elle blesse beaucoup de croyants dans leur foi», poursuit-il.

De son côté, Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié, a dit sa "solidarité envers l'Eglise catholique et nos frères et soeurs", alors qu'on apprenait hier que les actes antisémites ont bondi de 74% en 2018. "Ces profanations sont scandaleuses et doivent être punies", a-t-il déclaré.

Selon un bilan du ministère de l'Intérieur, en 2017, ont été dénombrées 978 atteintes aux édifices religieux et aux sépultures, dont 878 contre des lieux chrétiens.

Valentine Arama avec AFP