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Messes suspendues, obsèques restreintes: des diocèses prennent des mesures contre le coronavirus

Olivier Véran

Olivier Véran - -

Tandis que le coronavirus se propage en France, plusieurs diocèses, situés dans les zones les plus touchées par la maladie, ont décidé récemment des mesures draconiennes, dont la suspension des messes et la restriction de l'accès aux obsèques au premier cercle.

L'Eglise catholique s'attache généralement à avoir un pied dans le siècle - c'est-à-dire dans son époque - et l'autre en retrait. Cette fois, cependant, la menace sanitaire que fait planer le coronavirus sur le monde et la France la contraint à revoir en profondeur, mais momentanément, son rite. Certains diocèses, dont les paroisses pointent leur clocher dans les régions les plus touchées par la maladie, ont même opté pour des solutions radicales. 

Bénitiers vides 

Dimanche dernier déjà, les fidèles franciliens ont déjà découvert des bénitiers vides en pénétrant dans leur église. Recommandation leur était également faite de ne pas se serrer la main durant la "paix du Christ" - une formule prononcée par les croyants vers la fin de l'office et en principe accompagnée de ce geste - tandis que les communiants devaient se résoudre à ne pas recevoir l'hostie directement dans la bouche mais dans leur paume. Impossible pour l'Eglise catholique d'aller plus loin sur ce chapitre de l'eucharistie à moins de suspendre la messe.

"Nous nous en tenons aux recommandations de la semaine dernière mais la Conférence des évêques de France n'est pas au-dessus des diocèses. Les diocèses peuvent donc prendre d'autre mesures, d'autant qu'ils sont en lien direct avec les préfectures", a expliqué la Conférence des évêques de France à BFMTV.com.

Ainsi, certains évêchés ont même opté pour l'annulation des prochaines messes. C'est notamment le cas dans l'Oise, où le coronavirus a frappé particulièrement fort. 

Beauvais et Vannes réagissent 

"De manière extraordinaire, et j’espère pour une durée limitée, j’ai décidé de supprimer les messes dominicales, dans le diocèse", a posé l'évêque monseigneur Jacques Benoit-Gonnin, évêque de Beauvais, dans un communiqué. "La mesure a été diversement comprise et a provoqué des réactions opposées. Je comprends ces réactions, suscitées par le fait que soit touché l’exercice d’une liberté fondamentale, dans un domaine majeur de la vie des fidèles catholiques (la participation à la messe dominicale, 'précepte d’Église'). Je continue néanmoins à penser que cette mesure était opportune et juste", a-t-il fait valoir. 

Le Morbihan a suivi le même chemin, après qu'un regroupement de cas y a été identifié plus tard. Ce mercredi, le département breton compte d'ailleurs seize patients sur les 23 présents dans la région. Le diocèse de Vannes a listé lundi les dispositions exceptionnelles mises en place dans cette situation hors du commun dans une déclaration.

"Les messes et les célébrations publiques sont suspendues. Les prêtres célébreront privément pour l’ensemble des fidèles et tout particulièrement pour les malades", a développé le texte.

Obsèques restreintes

L'Eglise pourra cependant s'appuyer sur la radio pour toucher les oreilles de ses ouailles: "Une messe quotidienne, célébrée par Monseigneur Centène ou un Vicaire général, sera radiodiffusée sur RCF-Bretagne-Sud-Radio-Sainte-Anne à 15h. Les fidèles pourront aussi s’unir à la récitation quotidienne du chapelet à 15h30."

Le panorama des cérémonies religieuses va également s'en trouver singulièrement réduit. "Les obsèques ne seront célébrées qu’en présence de la famille du défunt et du cercle des plus proches. Des messes de requiem seront célébrées ultérieurement. Les mariages et les baptêmes ne seront célébrés qu’en présence des familles", est-il spécifié.
Robin Verner