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Dîner du Crif: Cukierman n'a pas envie d'inviter "les héritières de Jean-Marie Le Pen"

Le représentant du Conseil représentatif des institutions juives de France présidera pour la dernière fois, ce lundi soir, le dîner du Crif. Il a expliqué sur BFMTV les raisons qui l'avaient poussé à ne pas convier le Front national.

Roger Cukierman assistera ce lundi à son dernier dîner du Crif comme président. Le patron du Conseil représentatif des institutions juives de France a expliqué, lundi sur BFMTV, pourquoi il n'avait pas invité de personnalités du Front national alors que le reste de la classe politique était convié. 

"Xénophobe, démagogique et populiste"

"C'est un dîner qui est organisé par le Crif. Quand on invite des gens, on a tendance à inviter plutôt ses amis", a-t-il expliqué. "Je n'ai pas envie d'inviter les héritières de Jean-Marie Le Pen, ni sa petite fille. Je considère que le FN est xénophobe, démagogique et populiste. Je souhaite éviter de fréquenter les gens avec lesquels je ne partage pas les valeurs morales et éthiques", a-t-il ajouté.

Lors du dîner, le président du Crif tentera de convaincre les représentants politiques "qu'il faut qu'on revienne dans une situation où on peut exprimer sa judaïté librement dans son pays". Il a rappelé au passage qu'il y avait une trace d'une présence juive depuis 2.000 ans en France et que la pleine citoyenneté avait été acquise depuis la Révolution.

"Le mot juif dans bien des écoles est une insulte"

Roger Cukierman regrette qu'aujourd'hui des personnes ne se sentent pas citoyen à part entière du fait de leur appartenance religieuse et préfèrent partir à l'étranger. "Et curieusement, ils vont dans un pays où les dangers sont encore plus évidents qu'en France, en Israël", remarque-t-il, "quand ils vont en Israël, ils ont le sentiment d'être comme tous les autres citoyens". 

Le président du Crif a indiqué, pour souligner son propos, qu'il n'y avait plus qu'un petit tiers des enfants juifs qui fréquentaient les écoles publiques. "De mon temps, nous allions tous sans exception dans les écoles publiques", rapporte-t-il. Désormais, les deux tiers des enfants juifs vont dans des écoles privées payantes, juives ou chrétiennes. "Le climat qui règne dans de nombreux quartiers est difficile et se traduit par des insultes et des conflits. Le mot 'juif' dans bien des écoles est devenu une insulte. Dans ce climat, les parents n'ont d'autre choix que de mettre les enfants dans les écoles privées", assure-t-il. 

Pour améliorer la situation, il faudrait selon lui faire des efforts au niveau des écoles en insistant sur le rôle des parents d'élèves, des syndicats, des entreprises, de toutes les forces vives. "Il faut apprendre très tôt aux enfants qu'il faut respecter son voisin quelles que soient la couleur de sa peau et sa religion", a-t-il conclu.

E. M.