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A défaut de démissionner, le cardinal Barbarin se met "en retrait pour quelque temps"

Monseigneur Philippe Barbarin, archevêque de Lyon.

Monseigneur Philippe Barbarin, archevêque de Lyon. - AFP

Le cardinal Philippe Barbarin a annoncé à travers un communiqué ce mardi, au lendemain de sa rencontre avec le pape, que le souverain pontife n'avait pas accepté sa démission. L'archevêque de Lyon se met cependant en retrait pour une période indéterminée.

L'audience accordée lundi par le pape François au cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, condamné à six mois de prison avec sursis pour non-dénonciation d'abus sexuels sur mineurs, livre sa conclusion. Ce mardi, à travers un communiqué, le prélat français, qui a fait appel de cette procédure liée aux agissements pédophiles du père Bernard Preynat, a ainsi annoncé que le souverain pontife n'avait pas accepté sa démission à ce stade: "Lundi matin, j’ai remis ma mission entre les mains du Saint Père. En invoquant la présomption d’innocence, il n’a pas voulu accepter cette démission."

Une décision à effet immédiat 

C'est dans la foulée de sa condamnation en première instance il y a douze jours que l'homme d'Eglise avait déclaré, d'une manière tout aussi laconique, qu'il avait l'intention de demander au pape, seul à même de prendre une telle décision, de le relever de ses fonctions. 

Le cardinal a cependant ajouté: "Il m’a laissé la liberté de prendre la décision qui me paraît la meilleure pour la vie du diocèse de Lyon, aujourd’hui. À sa suggestion et parce que l’Église de Lyon souffre depuis 3 ans, j’ai décidé de me mettre en retrait pour quelque temps et de laisser la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten." Cette décision prend effet immédiatement. 

Le président de la Conférence des évêques se dit "étonné"

Monseigneur Georges Pontier, archevêque de Marseille, président de la Conférence des évêques de France, a commenté cette annonce auprès de l'agence: "Je suis étonné, je ne m'attendais pas à ce scénario qui est intermédiaire entre les deux scénario prévisibles". Il a évoqué une situation "inédite" découlant du "conflit entre deux exigences", celle de "respecter le cheminement de la justice" et celle de "se préoccuper du bien du diocèse de Lyon".

François Devaux, cofondateur de l'association de victimes La parole libérée, a aussi réagi. Il a paru stupéfait: "Cela me paraissait improbable, que (le Pape) puisse faire une telle erreur. C'est incroyable". 

Robin Verner