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Qui sont les Français réfractaires au port du masque obligatoire?

Sur les réseaux sociaux, des milliers d'internautes se rassemblent, et tentent de s'organiser afin d'éviter de porter un masque dans les lieux publics clos.

Ce lundi 20 juillet, plus de deux mois après le déconfinemenent de la France et alors que l’épidémie de Covid-19 semble poindre de nouveau dans certains départements, le port du masque devient obligatoire dans les lieux publics clos. En cas de non-respect de cette mesure, les contrevenants se verront verbalisés à hauteur de 135 euros, la même amende que celle déjà donnée dans les transports en commun.

Pourtant, malgré son efficacité prouvée et son usage appuyé par les autorités sanitaires dont l'Académie de Médecine, l'idée même du port du masque dans ces lieux, dont la liste a été diffusée par le ministre de la Santé Olivier Véran, a du mal à être acceptée par une partie de la population française. Selon un sondage BVA réalisé ces derniers jours pour RTL et Orange, ils sont 15% a être opposés à cette mesure, et même 22% chez les 18-34 ans.

"J'y pense pas"

En réalité, ces réfractaires au port du masque sont divisibles en deux groupes assez distincts. Dans un premier temps, il y a les réfractaires qui y voient une contrainte, une gêne dans leur quotidien, mais qui ne semblent pas vouloir remettre en doute l'existence même de la maladie.

Interrogés par BFMTV, des passants toulousains ont ainsi fait part de leurs difficultés à porter ce dispositif de protection au quotidien.

"J'y pense pas, c'est fatigant, c'est compliqué", estime l'un d'entre eux. "Personne le met, c’est compliqué pour boire un verre ou manger", assure une seconde, interrogée dans l'un des marchés couverts de la ville rose.

Pourtant, selon certains récents travaux de professionnels de la santé, la transmission du coronavirus par aérosol, comprendre à travers un nuage de particules virales en suspension durable dans l'air non renouvelé, est une hypothèse qui prend de plus en plus de poids. Le port du masque devient ainsi la principale arme contre ce type de contamination.

"Cette voie de transmission, différente de celle concernant la transmission par microgouttelettes et par les mains souillées, est connue et prouvée pour le Sras de 2002, ainsi que pour le Mers. Elle a enfin été admise par l’OMS jeudi pour le Sars-CoV-2", est-il d'ailleurs expliqué dans une récente tribune publiée outre-Atlantique.

Faux problèmes de santé

Puis viennent les Français qui se disent "anti-masques", bien plus virulents, et qui selon une enquête publiée dans Le Parisien, se définissent comme des "éveillés." De fait, à l'observation de plusieurs groupes sur Facebook nommés "Regroupement contre le port du masque obligatoire" ou encore "anti masque obligatoire", plusieurs de leurs membres, ils sont quelques milliers, utilisent les termes "lucidité" et "dictature" dans leur argumentaire.

Dès la lecture de la description de l'un de ces groupes, le ton est d'ailleurs donné.

"Les membres de ce groupe sont contre le port du masque obligatoire dans la population générale. L'argument principal CONTRE le port du masque est que le masque porté de façon inadéquate est plus dommageable que de ne pas en porter selon l'OMS et l'INSPQ", peut-on lire.

De fait, bon nombre de ces posts se font écho d'une infographie, diffusée par Sott.net, un site aux relents conspirationnistes rapporte encore Le Parisien, qui liste les différents points selon lesquels le masque serait mauvais pour la santé. Selon eux, le masque "diminue l'apport en oxygène", augmente l'inhalation de toxines ou bien "détériore le système immunitaire", des faits qui ne s'appuient actuellement sur aucun argument scientifique.

Cette fronde populaire, qui selon le quotidien francilien semble venir directement du Québec, où des manifestations ont été organisées, est également un écho aux récents événements qui se sont déroulés aux États-Unis, où de nombreuses bagarres ont éclaté à l'entrée de magasins, et où le mouvement anti-masque semble également prendre de l'ampleur.

Sur Twitter, où les groupes privés n'existent pas, la propagation des arguments anti-masques semble bien plus compliquée, puisqu'elle se heurte à la désapprobation de milliers d'utilisateurs. En témoigne ce post publié dans le week-end, qui a causé le courroux de nombreuses personnes.

Théories complotistes

A l'image des groupes "anti-confinement" qui étaient apparus lors de la quarantaine, bon nombre de ces groupes "anti-masques" reprennent en réalité de nombreuses thèses complotistes, qui sont ensuite partagées sans réelles, voire aucune, vérifications. Celles-ci dépassent même largement le cadre du seul port du masque obligatoire, s'attaquant à d'autres thèmes en lien avec la lutte contre l'épidémie de Covid-19.

Ainsi, pour certains, les vaccins en préparation contre le coronavirus sont une invention du multi-milliardaire Bill Gates, qui souhaiterait contrôler la population grâce à une puce. D'autres accusent également la 5G, nouvelle cible privilégiée du complotisme actuel, de favoriser la transmission du virus.

Enfin, de nombreux utilisateurs recommandent aux plus hostiles de se rendre chez leur médecin afin d'y demander une "dispense" de port du masque. Or, comme le précise une dernière fois Le Parisien, celui-ci n'est contre-indiqué pour aucune maladie.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV