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Qui est Grégoire M., le Français arrêté en Ukraine avec un arsenal de guerre?

Le contraste est saisissant entre la vie a priori tranquille, discrète et très modeste, que menait le jeune homme en France et la thèse du dangereux terroristes exposée par les services ukrainiens. Mais les armes retrouvées dans le véhicule du jeune-homme sont en revanche bien réelles.

"Un gars sympathique, discret, travailleur". Sans casier judiciaire. Que ce soit pour les voisins du petit village de Nant-le-Petit dans la Meuse, où il a son domicile, ou pour la justice française, Grégoire M. était au dessus de tout soupçon. En attendant que les inscriptions des auditions du jeune homme arrêté le 21 mai à la frontière ukraino-polonaise avec un arsenal de guerre dans son véhicule utilitaire soient accessibles, les autorités françaises invitent à la plus grande prudence.

Ainsi, la thèse selon laquelle le jeune homme fomentait une quinzaine d'attentats en France pendant l'Euro 2016, dont certains sur "une mosquée ou un centre des impôts", est pour l'heure totalement écartée par les enquêteurs français. Reste que quelque 125 kg d'explosifs, deux lance-roquettes, cinq kalachnikovs, 100 détonateurs, des milliers de munitions ont été retrouvés. La cargaison du Français peut aussi suggérer sinon un trafic, une livraison d'armes. Mais là encore, le profil atypique du jeune homme intrigue les enquêteurs.

Un jeune homme qui vivait modestement

Hébergé dans une maison appartenant à son grand-père, Grégoire exerçait le métier d'inséminateur pour plusieurs exploitations agricoles du Bas-Rhin. Loin des clichés du grand banditisme, il ne menait pas la grande vie. Réservé, il entretenait de bonnes relations avec les 84 âmes du petit village où il résidait. Yves, le père du jeune homme qui a grandi à Ménil-sur-Saulx, distant de 4 km, y exploite toujours une ferme.

D'après son entourage, son rêve aurait été de s'établir dans une ferme en Ukraine, pays où il a effectué plusieurs voyages. Très tôt passionné par les animaux, le Lorrain est titulaire selon L'Express d'un "BTS 'productions animales' acquis au lycée Edgard Pisani de Chamarandes-Choignes". Et il a été "sélectionné en 2013, parmi les 'meilleurs bergers' de l'établissement dans le cadre d'un concours régional".

La piste de l'extrême droite 

Lors des perquisitions réalisées à son domicile, les enquêteurs n'ont déniché qu'un maigre indice: un t-shirt portant le sigle d'un groupuscule d'extrême droite. Mais là encore, l'indice est mince. "Il n'y a jamais eu une revendication, un mot quelque chose qui m'ai fait penser qu'il pouvait y avoir une idée extrême", témoigne un voisin.

De son côté, le journal Le Parisien affirme que Grégoire "est proche de la mouvance d'extrême droite radicale et notamment du Renouveau français, un groupuscule nationaliste, catholique et contre-révolutionnaire". 

Entre le profil du terroriste de grande envergure dépeint par les services ukrainiens et la réalité de la vie quotidienne de Grégoire, le contraste semble grand. Mais, d'après les Ukrainiens, le Lorrain aurait noué des contacts, dès décembre 2015 avec des "groupes militaires clandestins". Du soutien humanitaire proposé par le jeune homme au départ, il en serait venu au trafic d'armes. Le parquet de Nancy, saisi de l'affaire, attend d'en savoir plus sur les circonstances de l'arrestation de Grégoire pour valider une thèse ou l'autre.

David Namias