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Quatre Français sur cinq rêvent de vivre à la campagne

Vue campagnarde. (illustration)

Vue campagnarde. (illustration) - Vivie Zizounaï - flickr - CC

Une enquête Ifop pour l'association Familles rurales met en lumière l'attirance "sous conditions" que les Français vouent à un mode de vie rural.

Ils voudraient vivre à la campagne, mais craindraient que les difficultés économiques ne les rattrapent: tel est le sentiment ambivalent des Français qui ressort d'une étude Ifop* pour l'association Familles rurales. Les personnes interrogées plébiscitent pour 81% d'entre elles la vie rurale, qu'elles "travaille(nt) ou non". A contrario, seules 19% veulent garder un mode de vie urbain.

La recherche d'une meilleure qualité de vie est la motivation principale de ceux qui vivent à la campagne. Ils sont ainsi 62% à mentionner cet argument. Mais pour un panel représentatif de l'ensemble des Français, 46% pensent que s'installer dans les territoires ruraux serait "associé d'abord à des difficultés économiques". Il faut noter que l'enquête a nécessité deux sondages distincts, le premier d'un groupe représentatif de l'ensemble de la population française et un autre portant sur un groupe d'habitants de zones rurales.

Le sentiment ambivalent des sondés vis-à-vis de la ruralité ne s'arrête pas là. S'ils craignent les difficultés économiques, 6 sur 10 "déclarent que s'ils devaient créer une entreprise, ce serait à la campagne". Chez les ruraux, un "pessimisme" plus marqué a cours. Ils sont ainsi 56% a éprouver ce sentiment contre 49% pour le reste de la population.

Un fort sentiment d'abandon

Encore plus que les banlieues, un sentiment d'abandon règne dans les campagnes. Ainsi, 51% des ruraux estiment que le monde rural est "abandonné". Cette impression grimpe jusqu'à une proportion de 64% pour les personnes n'ayant pas accès à des services publics locaux. Ainsi, "57% des ruraux estiment que leur commune ne bénéficie pas de l’action des pouvoirs publics, contre une moyenne de 36% parmi les Français", dit encore l'enquête.

Cette présence des services publics conditionne l'installation de nouveaux arrivants dans les campagnes, pour 70% des interrogés. Une considération suivie par celle de l'emploi (62% des citations) et les transports (54%). La désertification médicale est pour les ruraux la plus grande gêne (51%), suivie de la raréfaction des services publics (30%) et du manque de commerces (28%). 

*Etude Ifop pour Familles Rurales, menée par questionnaire auto-administré en ligne du 6 au 11 juin 2018 auprès d’un échantillon de 1012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et d’un échantillon de 1501 personnes, représentatif de la population française rurale âgée de 18 ans et plus, selon la méthode de quotas. L’étude a été réalisée avec le soutien de la MSA, de RTE et de l’Ademe.

D. N.