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Publicité place de la Bastille: une plainte déposée pour violation de sépulture

Autour de la colonne de Juillet en travaux, les échaffaudages sont recouverts d'une bâche publicitaire.

Autour de la colonne de Juillet en travaux, les échaffaudages sont recouverts d'une bâche publicitaire. - Jacques Demarthon - AFP

Une association anti-pub dénonce les affichages publicitaires autour de la colonne de Juillet place de la Bastille à Paris et a décidé de porter plainte pour profanation de sépulture. Sous la place, reposent des révolutionnaires de Juillet 1830.

Depuis un an place de la Bastille, les échafaudages autour de la colonne de Juillet en travaux ont été recouverts d'une bâche publicitaire. Pour les anti-pub, cet affichage a pour effet de transformer cette place historique en "haut lieu de la vénalité". Pour dénoncer cette situation, l'association Résistance à l'agression publicitaire (RAP) a annoncé sur son site avoir porté contre X et soulève un argument assez inédit, celui de la profanation de sépulture. 

Dans sa plainte adressée au procureur de la République du TGI de Paris, l'association relève que la place de la Bastille sur laquelle s'élève la Colonne de Juillet est construite au-dessus d'une nécropole.

"Une atteinte à la mémoire des morts"

La colonne surmontée du "Génie de la Liberté" a en effet été édifiée pour rendre hommage aux victimes de la Révolution des Trois glorieuses ou révolution de Juillet. Lors de son inauguration en 1840, des corps de révolutionnaires ont été inhumés dans le monument. Lieu de mémoire, le site a été classé monument historique en 1995. 

"En tout état de cause, il a été édifié à la mémoire des morts. L'apposition de panneaux publicitaires en tous genres autour de ce monument constitue une violation ou profanation de sépulture et porte atteinte à la mémoire des morts", soutient l'association RAP.

La plainte invoque l'article 225-17 du Code pénal selon lequel "la violation ou la profanation, par quelque moyen que ce soit, de tombeaux, de sépultures, d'urnes cinéraires ou de monuments édifiés à la mémoire des morts est punie d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende".

Pas de publicité dans les cimetières

Dans sa plaquette de promotion de l'emplacement, JCDecaux qui exploite la bâche publicitaire souligne d'ailleurs que ce lieu étant "chargé d'Histoire" et accueillant des tombeaux de révolutionnaires, les publicités proposées devront être compatibles "avec le monument et son environnement".

Mais selon l'association, l'affichage publicitaire "a pour effet de faire entrer dans le domaine marchand les sépultures 'des morts glorieux' qui ont marqué l'Histoire" et estime que "la marchandisation de ces espace viole le respect dû aux morts". L'association Résistance à l'agression publicitaire relève également que dans les cimetières parisiens, les murs de clôture et d'enceinte "doivent rester vierges de tout affichage publicitaire".

Les bâches publicitaires sur les monuments se sont multipliées ces dernières années à Paris. Plusieurs édifices religieux comme l'église Saint-Augustin ou encore Saint-Eustache et la Madeleine ont déployé ces affichages pour financer des travaux de restauration. A elles trois, ces bâches publicitaires permettent de générer 3 millions d'euros.

Carole Blanchard