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Pourquoi les membres du commando Hubert avaient-ils le visage masqué durant la cérémonie d'hommage?

La cérémonie d'hommage à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, le 14 mai 2019.

La cérémonie d'hommage à Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, le 14 mai 2019. - Philippe Wojazer - Pool - AFP

L'hommage aux deux militaires, morts en sauvant des otages au Burkina Faso, avait lieu ce mardi matin dans la cour d'honneur des Invalides. Leurs frères d'armes ont porté les cercueils le visage masqué afin de garantir leur anonymat et leur sécurité.

Plusieurs centaines de militaires se sont rassemblés ce mardi dans la cour d'honneur des Invalides pour rendre hommage à Alain Bertoncello et Cédric de Pierrepont. Parmi eux, des commandos marine, des forces spéciales ainsi que des délégations de la marine et d’autres corps d'armée. Des hommes de l’ombre, qui travaillent dans l’anonymat et n’ont pas vocation à être connus. Pour cette raison, et afin de garantir leur sécurité, les Invalides ont été fermés au public le temps de la cérémonie. Seul les proches des victimes, les officiels et leurs frères d’armes étaient présents.

A 11h20, les membres du commando Hubert qui portaient les cercueils des deux militaires se sont avancés dans la cour d’honneur, le visage partiellement masqué d’un tissu beige pour protéger leur anonymat.

L’arrêté du 7 avril 2011 relatif au respect de l'anonymat de militaires prévoit "la liste des services ou unités dont les missions exigent, pour des raisons de sécurité, le respect de l'anonymat des militaires et des personnels civils qui y sont affectés". Les membres du commando Hubert font partie de cette liste.

"Le top du top de l'armée française"

Le commando Hubert, auquel appartenaient Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, est la crème de la crème de l'armée française, dont les membres passent une sélection à nulle autre pareille. Pour faire partie de la centaine d'hommes de cette unité, basée à Saint-Mandrier près de Toulon, il faut d'abord réussir les tests d'entrée draconiens dans l'une des six unités de commandos de la Marine, formations d'élite comparable aux Navy Seals américains ou aux Special Boat Service britanniques. Après au moins deux ans au sein d'un de ces commandos, tous basés en Bretagne, les plus motivés tentent d'obtenir le brevet "Nageurs de combat", que seuls possèdent les membres du commando Hubert.

En plus de ces capacités sous-marines, qu'ils sont les seuls à détenir, les membres d'Hubert doivent "faire preuve de compétence en camouflage, en maniement d'explosif, en progression sous l'eau, en navigation pure. Puis il y a la spécialité parachutage, usage d'armes diverses et variées, télécoms. Ils mènent des actions qui physiquement dérouteraient 98% des soldats", assure Pascal Le Pautremat, géopolitologue.

"C'est le top du top de l'armée française", conclut Paul-Henri Desgrees du Lou, président de l'Amicale des fusiliers marins et commandos. 
Ambre Lepoivre avec AFP