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Pourquoi le street-pooling est une pratique très dangereuse

Un geyser déclenché par l'ouverture d'une bouche à incendie à Aubervilliers mercredi.

Un geyser déclenché par l'ouverture d'une bouche à incendie à Aubervilliers mercredi. - BFM Paris

Un enfant a été gravement blessé jeudi à Saint-Denis par le geyser d'une bouche à incendie, ouverte par des habitants pour se rafraîchir. Cette pratique illégale, appelée street-pooling, peut se révéler particulièrement dangereuse et nuire à des opérations de sauvetage des pompiers.

Jeudi soir à Saint-Denis, un garçon de six ans a été gravement blessé après avoir été projeté par le geyser d'une bouche à incendie. Ses jours ne sont plus en danger, mais l'enfant lors de son transfert à l'hôpital son pronostic vital était engagé après un arrêt respiratoire. Ce drame est l'illustration du danger que représente le street-pooling.

Venue des États-Unis, cette pratique illégale qui consiste à ouvrir des bornes incendie pour créer des "piscines de rue", s'est répandue en France ces dernières années. Lors de l'épisode de canicule de 2017, un millier d'ouvertures de bouches à incendies avaient été recensées à Paris, en Seine-Saint-Denis, dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne.

Blessures, électrocution...

Depuis le début de l'épisode de canicule de cette semaine, les autorités alertent sur cette pratique. Comme ce qui s'est passé à Saint-Denis, la puissance du jet sous forme de geyser peut occasionner des blessures en projetant la victime sur plusieurs mètres. La présence d'eau sur la chaussée peut également entraîner des chutes et des accidents de voiture.

Il existe aussi des risques d'électrocution lorsque le geyser de plusieurs mètres de haut s'approche de câbles électriques ou vient inonder des équipements électriques.

Les interventions des pompiers mises en péril 

Le street-pooling peut également compromettre toute la chaîne des secours des pompiers. D'une part, les signalements de l'ouverture d'une bouche incendie par des riverains encombrent le centre d'appels des pompiers, au détriment d'appels peut-être plus urgentes.

Par ailleurs, le street-pooling peut mettre en péril des interventions et coûter la vie de personnes à sauver quand les pompiers sont appelés sur des incendies dans le secteur. L'eau étant libérée par la bouche à incendie, ils risquent de se trouver confrontés à un débit d'eau trop faible pour éteindre le feu. 

5 baignoires d'eau gaspillées par minute

Au-delà de ces risques, le street-pooling a aussi des conséquences pour les riverains qui peuvent voir leurs caves et sous-sols inondés. La pratique est par ailleurs une grande source de gaspillage, avec l'équivalent de 5 baignoires d'eau gaspillées pour chaque minute d'ouverture de la borne.

L'ouverture d'une borne incendie est enfin un délit, passible de 5 ans de prison et de 75.000 euros d'amende pour "destruction, dégradation et détérioration d'un bien destiné à l'utilité publique", selon l'article 322-3 du Code pénal.

Carole Blanchard