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Canicule: vandaliser des bouches à incendie peut coûter très cher

Des centaines de bouches à incendie ont été vandalisées comme ici à Nanterre.

Des centaines de bouches à incendie ont été vandalisées comme ici à Nanterre. - capture BFMTV

Des centaines de bouches à incendie ont été ouvertes illégalement ces derniers jours par des habitants de la région parisienne et du Nord en quête de fraîcheur. Plusieurs villes ont pris des arrêtés pour sanctionner ces pratiques qui peuvent également entraîner des poursuites pénales.

Ces batailles d’eau en pleine rue peuvent coûter très cher. Face à la canicule qui a sévi ces derniers jours sur une grande partie de la France, des bouches à incendie ont été vandalisées. Ces scènes se sont multipliées en région parisienne, où le syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) a recensé 300 ouvertures intempestives de bouches d'incendie. Le phénomène s'est également propagé dans le Nord. 

Entre le gaspillage d'eau et les dangers, notamment électriques, les bornes d'incendie détournées en geysers rafraîchissants ont également provoqué des incidents. A Bobigny, en Seine-Saint-Denis, un jeune garçon a été blessé, projeté par le jet d’eau puissant. Dans ce même département, à Pantin, c’est un policier municipal qui intervenait qui a été agressé. 

Amende forfaitaire de 9.000 € dans certaines villes

Pour endiguer ce phénomène, cette ville de Seine-Saint-Denis a décidé de prendre un arrêté sanctionnant ceux qui vandaliseraient des bouches à incendie. Une amende forfaitaire de 9.000 €, soit le prix de 2.000 m3 d’eau, sera appliquée, prévient la commune. Après les appels au civisme, d’autres villes ont également pris des arrêtés contre ces pratiques, notamment à Pierrefitte en Seine-Saint-Denis, à Asnières dans les Hauts-de-Seine, et à Tourcoing dans le Nord.

A Aubervilliers, le maire a quant à lui annoncé le dépôt d’une plainte pour dégradation de biens publics.

Le Syndicat des eaux d'Ile-de-France (Sedif) a décidé de suivre la même démarche. Son principal préjudice, "le gaspillage", déplore Christophe Perrod, directeur général des services techniques du Sedif, joint par BFMTV.com. "Ces derniers jours, plus de 200.000 m3 d'eau ont été déversés, cela représente la consommation en eau de 2.000 habitants sur une année entière ou encore l'équivalent de 20 piscines olympiques". Veolia, chargé par délégation de la gestion du service a également porté plainte, précise-t-il. 

Car au-delà des arrêtés municipaux et des amendes fixées par les communes, les auteurs de ces actes de vandalisme peuvent être poursuivis pénalement.

Dégradation et vol d'eau

L’ouverture d’une borne à incendie peut être sanctionnée au titre de l’article 322-1 du code pénal, qui dispose que "la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende".

Ouvrir sans autorisation une bouche à incendie peut également être considéré comme du vol d’eau. Un tel vol "précédé, accompagné ou suivi d’un acte de destruction, dégradation ou détérioration" peut quant à lui être puni de cinq ans d’emprisonnement et 75.000 euros d’amende, indique l'article 311-4 du code pénal. A Paris, où 32 bouches à incendie ont été ouvertes le week-end dernier, la préfecture de police a annoncé l’interpellation de trois personnes.

Carole Blanchard