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Pour les compagnes des soldats morts en opération, "tout s'est arrêté brutalement"

A l'occasion des commémorations du 11 novembre, Emmanuel Macron inaugure ce lundi à Paris un monument pour les 549 militaires "morts pour la France". Quelque 600 proches seront présents, dont Léa et Florence, les compagnes de deux soldats morts en mai dernier lors du sauvetage d'otages au Burkina Faso.

Pour Florence et Léa, chaque témoignage de reconnaissance envers les soldats morts au combat est important. Les mails, les lettres mais aussi les hommages, comme l’inauguration du monument en l’honneur des militaires morts en opération extérieure depuis 1963. C’est le cas de Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, les compagnons de Florence et Léa, morts en mai dernier lors de la libération de quatre otages au Burkina Faso.

Le mémorial est une haute sculpture de bronze dans un espace tranquille du parc André-Citroën dans le XVe arrondissement de Paris. Il représente six soldats - cinq hommes et une femme - la tête recouverte d'un képi, d'un béret ou d'une casquette. Le visage grave, ils portent un cercueil invisible. A côté, sur un mur, sont inscrits les noms de 549 militaires, dont deux femmes, tués par l'ennemi ou morts à la suite de blessures de guerre, de maladie ou d'accident au cours des "Opex", ces interventions des forces militaires françaises menées en dehors du territoire national depuis 1963.

"En voyant ce monument, le public va se dire que ces noms sont ceux d’hommes de guerres et que s’ils sont libres en France aujourd’hui, c’est aussi grâce à eux", raconte à BFMTV Léa, la compagne d’Alain Bertoncello.

549 militaires morts depuis 1963

Rappeler l’engagement et le sacrifice des militaires c’est désormais le combat de ces deux jeunes femmes même si chaque cérémonie reste une épreuve qui les replonge dans le drame qu’elles ont vécu. "Tout s’est arrêté pour nous deux. Ça a été tellement brutal, maintenant il faut qu’on continue toute seule et c’est ça qui est compliqué", poursuit Léa.

Et Florence d’ajouter: "C’était une période où on essayait d’avoir un enfant avec Cédric, j’ai appris qu’il comptait me demander en mariage au mois d’août. Ce qui est dure pour moi c’est de voir tout mon entourage se marier, avoir des enfants. C’est ce qu’on allait enfin connaître."

De cette douleur, les deux jeunes femmes ont su faire naître une belle amitié qui les aide à faire vivre leurs compagnons, "on est là pour ça, c'est notre chemin de vie maintenant", glisse Léa.

Ces 549 militaires, représentants de "la quatrième génération du feu", comme les appelle l'armée, sont morts sur 17 théâtres d'opération, dont 141 au Liban, 129 au Tchad, 85 en Afghanistan et 78 en ex-Yougoslavie. Le dernier nom inscrit sur ce mur est celui du brigadier-chef Ronan Pointeau, tué le 2 novembre au Mali, où sont déjà morts 23 soldats.

Ambre Lepoivre