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Militaire tué au Mali: les proches de Ronan Pointeau décrivent un homme au "mental d'acier"

Après un hommage aux Invalides, une cérémonie dans sa caserner de la Drôme a lieu ce mercredi après-midi, en présence de la ministre des Armées. Ses proches ne "réalisent pas encore" son décès.

"Il est parti là-bas heureux", confie à BFMTV Axel Chow, meilleur ami de Ronan Pointeau, le soldat français tué au Mali samedi dernier lors d'une attaque jihadiste. Après une première cérémonie aux Invalides mardi, un nouvel hommage funèbre doit se dérouler à la caserne Baquet à Valence (Drôme), ce mercredi après-midi, en présence de la ministre des Armées Florence Parly.

"La plus belle mort qu'il puisse avoir"

Ses proches eux, ont encore bien du mal à réaliser son décès. "Déjà petit, il se déguisait en militaire. Il nous a toujours parlé de l'armée. C'était une personne courageuse et forte, avec un mental d'acier", se souvient le meilleur ami du brigadier tué, Axel Chow, interrogé par BFMTV. 

Âgé de 24 ans, Ronan Pointeau avait rejoint l'opération Barkhane en février 2018, avec une première mission de cinq mois au Tchad. En octobre 2019, il rejoint le Mali, où il est tué un mois plus tard par un engin explosif, dans le nord-est du pays. L'attentat a été revendiqué par une branche locale du groupe État islamique.

"Il est parti là-bas heureux, je ne pense pas qu'il était stressé, qu'il ait eu des regrets. C'était ses volontés qu'il faut respecter aujourd'hui. La plus belle mort qu'il puisse avoir, c'est celle-ci. Même si c'est celle que personne n'aurait voulu voir", ajoute Axel Chow.

"J'attends encore ses messages"

La veille de son départ en Afrique, il a passé une dernière soirée avec son meilleur ami: 

"Je l'ai serré dans mes bras et je lui ai dit 'promets-moi de revenir sain et sauf'. S'il y a bien une chose qu'il n'a pas respectée dans sa vie, ça a été cette phrase-là", souffle-t-il.

"On le vit chacun différemment, mais on ne réalise pas encore. J'attends encore ses messages", confie une autre amie, Li-Lu June. "Il m'écrivait tous les soirs pour me dire que ça allait bien".

Le brigadier appartenait au 1er régiment de Spahis, héritier des traditions du prestigieux régiment de Spahis marocains qui participe à la plupart des opérations extérieures françaises. Sur Facebook, l'armée de Terre a également transmis l'hommage de ses camarades, qui "conserveront la mémoire d'un Spahi déterminé, soucieux d'accomplir sa mission, mais également d'un véritable frères d'armes, bienveillant et généreux".

Esther Paolini avec AFP