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Pour ce 25ème samedi de manifestation, les gilets jaunes enregistrent leur plus faible mobilisation

25ème samedi de manifestation des gilets jaunes à Bordeaux, le 4 mai 2019.

25ème samedi de manifestation des gilets jaunes à Bordeaux, le 4 mai 2019. - MEHDI FEDOUACH / AFP

Moins de 19.000 manifestants ont été comptabilisés par le ministère de l'Intérieur. En revanche, la plupart des rassemblements se sont déroulés dans le calme, sans incident majeur.

La "colère" toujours et "une lassitude" qui s'installe: nombreux dans le cortège syndical du 1er-Mai, les gilets jaunes étaient moins de 19.000 dans les rues ce samedi pour leur 25ème acte, la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement en novembre.

Très peu de heurts et d'interpellations

Selon le décompte du ministère de l'Intérieur, ils étaient 18.900 personnes en France, dont 1460 à Paris sous un temps orageux. Un décompte contesté par les gilets jaunes qui ont comptabilisé 40.291 manifestants en France.

Des manifestations moins fournies et généralement très tranquilles. Quelques grenades lacrymogènes ont été tirées pour disperser la foule en fin de parcours à Toulouse, où une personne a été interpellée. À Paris, la préfecture a fait état de dix interpellations, essentiellement dans le cadre de contrôles préventifs.

Vers un essoufflement ?

La mobilisation est en baisse depuis plusieurs semaines, avec des manifestations souvent émaillées de violences et dispersées dans un déluge de lacrymogènes. Lors de l'acte 24 le week-end dernier, 23.600 manifestants avaient été recensés par les autorités.

Loin des 282.000 personnes recensées le 17 novembre, pour le premier acte des gilets jaunes, qui s'opposaient à la politique fiscale et sociale du gouvernement d'Emmanuel Macron.

À Bordeaux, une des places fortes de la mobilisation, José, auxiliaire de vie scolaire de 61 ans, reconnaît que "ça s'essouffle un peu". "Il y a une lassitude. Ca fait 25 semaines que nous avons momentanément arrêté de vivre pour retrouver au minimum une sorte de dignité".

Soutenir les hôpitaux publics

À Paris, où trois manifestations étaient autorisées, le principal cortège a cheminé de l'hôpital Lariboisière (Xe) à la place de la Nation (XIe), passant à proximité de plusieurs centres hospitaliers de l'est de la capitale (Saint-Louis, Tenon, Saint-Antoine). 

"Pour l'hôpital public on veut du fric", ont repris en coeur les "gilets jaunes" passant devant l'hôpital Tenon. Aux fenêtres, des aides-soignants les ont salués, d'autres sont sortis pour expliquer leurs revendications: parce que "le reste du temps on est invisible", a dit Nicolas, aide-soignant devant une banderole "Urgences en grève" demandant plus de personnel et de moyens.

Des rassemblements qui ont lieu trois jours après les heurts entre manifestants et forces de l'ordre lors du 1er mai, marqué par l'irruption de plusieurs dizaines d'entre eux dans l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, après un mouvement de panique. Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, sous le feu des critiques après avoir parlé d'"attaque", a reconnu vendredi qu'il n'aurait pas dû employer ce mot.

Retour sur les ronds-points

À La Roche-sur-Yon, 500 personnes ont défilé, répondant à un appel à manifester interrégional. Quelques heurts ont éclaté dans l'après-midi et une manifestante, blessée au nez, a été évacuée par les pompiers.

À Montpellier, ils étaient près d'un millier à manifester, selon la préfecture, brandissant des pancartes "Castaner menteur" ou "Mon pote est interdit de manifester, pas grave je le remplace". Slogans similaires à Marseille, où 1000 personnes ont défilé selon la préfecture. 

La manifestation lyonnaise des gilets jaunes s'est rattachée au cortège (déclaré) répondant à l'appel du mouvement "Youth for Climate". Tout comme à Metz (Moselle), ils étaient nombreux aussi à rejoindre une marche pour la justice écologique qui a rassemblé plus de 1500 personnes.

Dans plusieurs villes, comme à Château-Thierry (Aisne) ou Castelnau-de-Médoc (Gironde), les ronds-points ont été réinvestis par des poignées de manifestants.