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PMA: décidé en faveur de l'extension, l'exécutif souhaite éviter "l'hystérie"

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Photo d'illustration - LIONEL BONAVENTURE / AFP

S'ils semblent décidés à ouvrir la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, Emmanuel Macron et le gouvernement affichent leur prudence et affirment leur volonté de dialogue sur ce dossier, redoutant une nouvelle "Manif' pour tous".

C'est l'aboutissement de huit mois de réflexion et de débat public: le Comité d'éthique rendra mardi son avis sur les grands thèmes attendus dans la prochaine loi de bioéthique, dont le plus polémique est l'extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

Sur ce dossier, Emmanuel Macron tient à tout prix à éviter de lancer une tempête comparable à la "Manif' pour tous". Si le président de la République assure en privé, selon RTL, qu'il ne se dérobera pas, tente de désamorcer par la consultation cette réforme potentiellement explosive.

"Il voit des médecins, des chercheurs, des intellectuels, des pro et des anti-PMA...", raconte un conseiller.

En droite ligne de cette position, la ministre de la santé Agnès Buzyn a expliqué sur CNews souhaiter que "ce débat ne soit pas hystérisé".

"La majorité des Français a une opinion partagée (...) et donc il faut qu'on apporte des explications au cours de ce débat parlementaire", a-t-elle ajouté.

Concrètement, le gouvernement va tenter de se maintenir sur cette ligne de crête: oui à l'extension de la PMA, non à la GPA. 

"La PMA c'est accorder des droits identiques aux femmes, la GPA c'est accepter la marchandisation du corps" justifie le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner. 

Projet de loi

L'avis du Comité d'éthique fait suite à une consultation publique appelée "Etats généraux de la bioéthique", organisée entre janvier et avril par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE). Après une synthèse, neutre, publiée début juin, cet organisme consultatif va prendre parti dans son avis sur les neuf thèmes au programme des Etats généraux.

"Le CCNE émettra un certain nombre de propositions destinées à accompagner les débats qui vont s'ouvrir" dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique, a-t-il indiqué.

Le gouvernement a prévu de présenter avant la fin de l'année un projet de loi qui sera débattu par le Parlement début 2019.

"Confiance" et "vigilance"

Au premier rang des anti-mariage pour tous il y a cinq ans, la présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, a assuré ne pas être dans "une posture d'opposition mais de vigilance". "Il est encore trop tôt pour les appels à la mobilisation", explique-t-elle... tout en donnant rendez-vous à ses militants mardi soir devant les locaux parisiens du CCNE, pour y brandir "des cartons rouges ou verts" selon l'avis rendu.

Les partisans de l'ouverture de la PMA, eux, sont "plutôt confiants". "Pour nous, ce qui compte, c'est d'engager rapidement un débat parlementaire, afin d'éviter la recrudescence des violences contre les familles homoparentales", selon Joël Deumier, président de SOS homophobie.

Louis Nadau avec AFP