BFMTV

Pic de pollution: quel impact sur la santé?

De la pollution au dessus de Paris - Image d'illustration

De la pollution au dessus de Paris - Image d'illustration - BFM Paris

La pollution aux particules fines devrait être particulièrement forte autour de la Manche et sur une large partie du bassin parisien dans les jours à venir.

Depuis maintenant plusieurs jours, la France est frappée par une vague de chaleur printanière. Comme le relevait Météo-France vendredi passé, plusieurs records de chaleur pour un mois de février avaient été battus en fin de semaine dernière en particulier sur les côtes méditerranéenne et atlantique.

Comme l'expliquait Frederic Decker, météorologue à Météonews invité sur notre antenne, le cas n'est pourtant pas si rare. 

"Quand on regarde le passé, les décennies voire les siècles derniers, on se rend compte que ce type d’événement s’est toujours produit en plein hiver, à toutes les saisons on a des coups de chaud, même quand le climat était beaucoup plus froid pendant le petit âge glaciaire dans les années 1700. Le phénomène n’est pas exceptionnel", soulignait-il.

Pourtant, la hausse des températures a d'autres conséquences sur la planète, à commencer par une pollution aux particules fines plus forte dans certaines zones de France. 

Les chaleurs de février favorisent-elles le retour de la pollution?

"La pollution forte va revenir, il y a eu une accalmie le weekend passé mais avec le retour de l'anticyclone, il n'y aura pas de perturbations. La qualité de l'air s'annonce moyenne sur la moitié nord du pays et sera très moyenne à Paris également. Le ciel y est actuellement assez bleu mais dans les basses couches, où les gens circulent, il y a un nuage de pollution particulièrement dangereux", souligne Marc Hay, du service météo de BFMTV. 

Selon les prévisions, pour ce lundi, la pollution aux particules fines devrait être particulièrement forte autour de la Manche et sur une large partie de la Normandie, tout comme sur l'ensemble du bassin parisien. sur l'Île-de-France, une dégradation de la qualité de l'air est d'ailleurs attendue dans les jours à venir, le pic de pollution étant attendu pour mercredi.

Quelles mesures prendre?

"Rouler plus doucement n’est pas suffisant, on est tributaires de la météo. Quand il y a un anticyclone c’est un peu comme oublier de tirer la chasse aux toilettes, au bout d’un moment ça déborde. Il y en a tous les jours de la pollution. La circulation alternée est le genre de mesure qu'il faut prendre, ça doit être automatique. A chaque fois c'est la même discussion, trouvons une bonne solution et appliquons-la", assène Olivier Blond, président de l’association Respire.

De son côté, Emmanuel Ferrier, cofondateur du syndicat des poussettes enragées, regrette l'absence de mesures dans sa ville, Marseille. 

"Il n’y a pas d’info particulière de la mairie. il y a eu un petit communiqué qui recommande de limiter l’utilisation de son véhicule. On ne comprend pas pourquoi les pouvoirs publics n’agissent pas plus. On a 300 jours de soleil par an, on pourrait avoir des pistes cyclables. Lorsque il y a une rénovation urbaine, on oublie les espaces cyclables", détaille-t-il.

Quelles conséquences pour la santé?

Toujours selon Emmanuel Ferrier les premiers ressentis de la pollution se font déjà sentir: "brûlures au niveau de la gorge, on se sent pris au niveau des sinus", détaille-t-il. 

Pour Bertrand Delaisi, ce sont les plus jeunes qui sont touchés par la pollution, et l'impact est visible. "Il est mesurable, il y a beaucoup d'études à ce sujet. On peut comptabiliser le nombre de passages aux urgences pour les crises d’asthme qui peuvent augmenter de 20, 30 jusqu’à 50% lors d’épisodes aigus. On peut aussi mesurer la capacité pulmonaire des enfants, leur souffle, si ils vivent dans un environnement avec taux de pollution élevé, on peut mesurer une diminution de quelques pourcentages de capacité pulmonaire."

Hugo Septier