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Pollution: ne pas activer la circulation différenciée, "c’est incompréhensible sur le plan de la santé publique"

Pour la mairie de Paris, la préfecture de police aurait dû mettre en place la circulation différenciée, alors qu'un épisode de pollution est en cours en Ile-de-France.

Paris et sa région toussent depuis plusieurs jours, à cause d'un épisode de pollution aux particules fines. En réaction à ce pic de pollution, la préfecture de police a mis en place des restrictions de circulation, en limitant la vitesse sur les principaux axes routiers.

Mais la préfecture a choisi de ne pas appliquer la circulation différenciée pour l'instant. Ce système interdit aux véhicules les plus polluants de circuler, en fonction de leur vignette Crit'Air. La mairie de Paris regrette ce choix alors que cet épisode de pollution était annoncé depuis plusieurs jours.

"La préfecture peut selon la loi attendre trois jours avant de déclencher cette circulation. Nous, nous pensons vraiment que nous sommes sur une urgence sanitaire et qu'il faut de suite faire baisser cette pollution qui met en danger la population", résume Aurélie Solans, conseillère déléguée environnement à la mairie de Paris.

"Il faut qu'on déclenche la circulation différenciée beaucoup plus vite, on a vraiment les personnes les plus fragiles, les plus vulnérables qui sont en danger", poursuit l'élue. 

Des "négociations musclées" avec la préfecture 

Pour Bernard Jomier, médecin, sénateur de Paris et ancien maire-adjoint en charge de la Santé à la mairie de Paris, la préfecture aurait déjà dû activer la circulation différenciée.

"L'Etat a mis en place un système qui est bien mieux que les anciennes plaques alternées, qui n'avait pas beaucoup de sens. Et malheureusement, ce système n'est pas mis en oeuvre, c'est incompréhensible sur le plan de la santé publique", déplore le médecin. 

Paris n'a pas les pouvoirs pour activer la circulation différenciée, seule la préfecture de police a les prérogatives le faire. "Il y a à chaque pic de pollution des négociations assez musclées entre Paris et la préfecture", admet Aurélie Solans. 

Face à cette situation, Anne Hidalgo a plaidé ce vendredi pour un déclenchement automatique de la circulation différenciée lors d'un pic de pollution. 

"Cet épisode illustre l'absolue nécessité d'avoir un déclenchement automatique des mesures de réduction des émissions de polluants en situation de pic, comme la circulation différenciée, comme nous l'avions demandé au précédent gouvernement comme nous le redemandons aujourd'hui", tweete l'élu. 

Pour l'heure, en fonction de l'évolution du pic de pollution, la préfecture de police fait savoir que le préfet pourrait "décider de prendre de nouvelles mesures restrictives dans les prochaines jours". Airparif prévoit ce vendredi une poursuite de l'épisode 

Carole Blanchard