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Petite ceinture: les projets de la mairie de Paris avec la SNCF divisent

La Petite ceinture, ancienne voie ferroviaire a été en partie transformée en promenade.

La Petite ceinture, ancienne voie ferroviaire a été en partie transformée en promenade. - Patrick Kovarik - AFP

La droite mais aussi une partie de la majorité s'oppose à un projet de la mairie de Paris d'exploiter des bâtiments de la Petite ceinture à des fins commerciales, qui sera débattu au Conseil de Paris la semaine prochaine.

Ce projet de la mairie de Paris promet d'âpres discussions la semaine prochaine. La municipalité soumettra aux élus parisiens au prochain Conseil de Paris une délibération visant valoriser des bâtiments installés le long de la Petite ceinture, cette ancienne voie ferroviaire en partie ouverte à la promenade.

En tout, la ville souhaite exploiter une vingtaine de bâtiments répartis sur 9 arrondissements (du 12e au 20e), pour y créer des lieux d'activités culturelles, d'agriculture urbaine ou de restauration. Pour y parvenir, la Ville propose de créer une Société par actions simplifiée (SAS), une société privée, à parts égales avec la SNCF, propriétaire des bâtiments. 

Outre une volonté de "reconquête" de la Petite ceinture, l'exécutif cherche aussi à dégager des revenus du projet.

"La logique économique qui anime le projet et qui veut que la mise en valeur de la Petite ceinture doit satisfaire tout à la fois un programme d'activités diversifiées (commerciales, mais aussi culturelles et sociales), mais également un objectif de rentabilité à terme", peut-on lire dans la délibération qui sera soumise au Conseil de Paris la semaine prochaine. 

"Centre commercial à ciel ouvert", "machine à cash"

Au sein de la majorité, le groupe écologiste a déjà fait part de son opposition, craignant avec la création de cette société privée "de voir la Petite ceinture devenir un centre commercial à ciel ouvert". Les écologistes parisiens insistent pour que la Petite ceinture "reste un projet d'espace vert, de préservation de la biodiversité". 

A gauche toujours, Daniel Simonnet (France insoumise) dénonce une "machine à cash" et regrette l'exclusion des élus du processus décisionnel si la SAS se constitue. Les décisions d'exploitation de la Petite ceinture passeraient alors non pas par le Conseil de Paris, mais par les membres du Conseil d'administration de la société privée, composés de représentants de la mairie de Paris et de la SNCF.

"Si les habitant.e.s refusent les projets de restaurants, d'hôtel de luxe ou autres, la bétonisation de parties de la petite ceinture par des extensions et constructions rendues possibles, comment leur parole sera-t-elle prise en compte", s'interroge-t-elle. 

L'avis des maires d'arrondissement réclamé

A droite aussi, l'idée d'une société privée est vue comme "un déni de démocratie". "On imagine pouvoir se passer de l'avis du Conseil de Paris, pour densifier et pour flécher des activités commerciales (...). Derrière, il n'y a plus aucun contrôle pour pouvoir préserver ces espaces, ces écosystèmes", regrette auprès de BFM Paris Florence Berthout, présidente du groupe Les Républicains et indépendants. 

"Si on fait une société privée, il faut au moins que tous les maires des arrondissements concernés par des éventuels aménagements sur la Petite Ceinture soient partie intégrante de cette société", ajoute-t-elle. 

Du côté de l'exécutif, on balaye les critiques. "Il y a déjà beaucoup de gares de la Petite ceinture, par exemple la Recyclerie qui sont transformées en restaurant, café, lieu de loisirs. Ce que nous proposons en créant cette société commune avec la SNCF, c'est un modèle d'exploitation partagé", explique sur BFM Paris Jean-Louis Missika, maire-adjoint en charge de l'urbanisme. "Un parc sans café, ça n'existe pas", poursuit-il, justifiant l'objectif de rentabilité par le besoin de "financer l'entretien de la Petite ceinture". 

Carole Blanchard avec Barthélémy Bolo