BFMTV

Pédophilie au sein de l’Église: les papes de plus en plus impliqués face au fléau

En condamnant les actes pédophiles perpétrés par des clercs et en reconnaissant les manquements de l’Église, le pape François s’inscrit dans la lignée de son prédécesseur Benoît XVI. De premiers pas contre de la culture du silence, difficile à abolir.

C’est une première au sein de l’Église catholique: une lettre, adressée par le pape François aux fidèles du monde entier, pour condamner les actes de pédophilie commis par des représentants de l’autorité religieuse. Avec ce message diffusé lundi, le souverain pontif fait un pas inédit vers la lutte contre ce fléau, qui entache l’institution depuis des décennies.

Ces dernières années, l’attitude de l’Église a changé face aux affaires, toujours plus retentissantes. En 2014, un an après le début de son pontificat, le pape François créait ainsi une commission dédiée à la protection des mineurs. En s’engageant sur ce dossier épineux, il s’inscrivait dans la lignée de son prédécesseur, Benoît XVI.

Une réaction récente

C’est ce dernier qui a été le précurseur de ce changement dans les années 2000. Sa politique fut radicale: tolérance zéro envers les prêtres pédophiles. 400 d’entre eux ont été défroqués dans le monde sous son pontificat. Il fut également le premier pape à recevoir des victimes.

Avant cela, sous le pontificat de Jean-Paul II, toutes ces affaires se réglaient en interne. Les prêtres coupables d’attouchements sur mineurs étaient simplement affectés à d’autres diocèses, laissant le fléau perdurer.

"Nous n'avons pas agi en temps voulu"

Aujourd’hui, le pape François déclare "avec honte et repentir" que les autorités religieuses n’ont "pas su" intervenir:

"Nous n’avons pas agi en temps voulu, en reconnaissant l’ampleur et la gravité du dommage qui était infligé à tant de vies. (…) Nous avons négligé et abandonné les petits (…), ces blessures ne connaissent jamais de prescription."

Le pape François semble aujourd’hui déterminé, même si des associations de victimes lui reprochent certains de ses choix, comme celui d’avoir conservé le cardinal australien George Pell, soupçonné d’agressions sexuelles.

Un message qui connaît un écho en France, relançant l’un des derniers gros scandales de pédophilie au sein de l’Église. Le cardinal Barbarin, poursuivi pour ne pas avoir dénoncé à la justice des agressions pédophiles dans son diocèse, fait l’objet d’un récent appel à démission sous forme d’une pétition signée à ce stade par plus de 20.000 personnes. Elle a été publiée par Pierre Vignon, prêtre de Valence, qui lui demandait mardi soir sur BFMTV de "prendre ses responsabilités".

Benjamin Pierret avec Pierre Corrieu