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Pierre Vignon, le prêtre qui demande la démission du cardinal Barbarin: "Qu"il prenne ses responsabilités"

Le prêtre du diocèse de Valence signe une pétition dans laquelle il demande au cardinal Barbarin, accusé de non-dénonciation d’actes pédophiles, de donner sa démission.

Pierre Vignon, prêtre du diocèse de Valence, tient tête à sa hiérarchie. Dans une pétition publiée sur change.org, il appelle à la démission du cardinal Barbarin, poursuivi depuis des années pour non-dénonciation d’agressions sexuelles. Une démarche motivée par la violente charge du pape contre les affaires de pédophilie, a expliqué le prêtre sur BFMTV ce mardi soir.

"Ça fait des années qu’on voit le cardinal Barbarin s’empêtrer toujours plus dans ces affaires et ne pas réussir à se mettre du côté des victimes.
Finalement, aux yeux de l’opinion publique, il est catalogué du côté du prédateur, qui je le rappelle est toujours prêtre et n’a pas été renvoyé de l’état clérical", déclare Pierre Vignon. 

"Nul n'est universel"

Le cardinal Barbarin est accusé de ne pas avoir dénoncé des agressions pédophiles, notamment celles du père Bernard Preynat. Selon Pierre Vignon, le cardinal a "clairement manqué":

"À chaque fois qu’il prend la parole sur un sujet qui relève de sa responsabilité (…), on est obligé de rappeler qu’il est l’évêque qui est en procès parce qu’il a couvert", poursuit-il. "C’est une entrave considérable à son ministère et a son apostolat; je l’ai donc appelé à prendre ses responsabilités et à comprendre la situation. Dans l’Église, nul n’est universel."

Le porte-parole du diocèse de Lyon a déjà réagi à cette pétition, soulignant qu’il s’agit d’une démarche personnelle. "Il a tout à fait raison", répond Pierre Vignon. "Après, si lui pense que les excuses sont suffisantes, ça prouve qu’il n’a encore pas compris l’ampleur du problème souligné par le pape François dans sa lettre."

"Nous sommes tous dans un état de nausée"

"Le moment de la parole est venu et la structure hiérarchique de l’Église selon l’ancien modèle, dans laquelle le fidèle se taisait et recevait pieusement ce qui lui était dit d’en haut, est peut-être terminé", déclare Pierre Vignon. Et l'homme d'église de conclure:

"Nous sommes tous dans un état de nausée par rapport à ces révélations successives depuis des années, qui nous font mal et qui ont blessé tant de gens. Et il serait grand temps de dire oui, ces victimes sont premières et on prend les actions et les mesures pour pouvoir régler définitivement cette question."
Benjamin Pierret