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Paris: des militantes dénoncent des "violences policières" après une marche féministe 

Une marche nocturne féministe a réuni des milliers de personnes samedi soir à Paris

Une marche nocturne féministe a réuni des milliers de personnes samedi soir à Paris - Lucas BARIOULET / AFP

Samedi soir, à la veille de la Journée internationale des Droits des femmes, des milliers de militantes se sont réunies un peu partout en France, notamment à Paris où était organisée une marche nocturne.

Plusieurs militantes et associations féministes dénoncent ce dimanche des "violences policières" qui auraient eu lieu en marge d'une manifestation "féministe et antiraciste" organisée samedi soir à Paris. Cette marche a donné lieu à neuf interpellations selon la police.

Samedi soir, à la veille de la Journée internationale des Droits des femmes, des milliers de militantes se sont réunies un peu partout en France, notamment à Paris où était organisée une marche nocturne. Sur les images diffusées sur les réseaux sociaux, on voit une foule de milliers de personnes, des pancartes à la main criant des slogans souvent inspirés des mots d'Adèle Haenel après la cérémonie des Césars ou de la tribune de Virginie Despentes dans Libération.

Des heurts avec la police

Parti de la place des Fêtes, dans le 19e arrondissement, le cortège a rejoint la place de la République. C'est alors que des heurts avec les forces de l'ordre et les manifestants sont parvenus. 

"Je suis atterrée de voir que le ministère de l'Intérieur a choisi de déployer des moyens pour réprimer les femmes plutôt que de renforcer les moyens de lutte contre les violences machistes", s'est indignée sur Twitter la présidente de la Fondation des femmes Anne-Cécile Mailfert.

"Des féministes ont été frappées par les forces de l'ordre alors qu'elles manifestaient - notamment - contre les violences sexuelles", s'est émue de son côté la militante Caroline De Haas, du collectif #NousToutes.

Un soutien d'Anne Hidalgo

La maire de Paris Anne Hidalgo, candidate à sa réélection, s'est dite "choquée" par des "violences inadmissibles et incompréhensibles", et a fait part sur Twitter de son "soutien aux manifestantes et manifestants". Le secrétaire national d'EELV Julien Bayou a fustigé quant à lui des "violences policières absolument injustifiables".

Des "tentatives de départ en cortèges sauvages"

Selon une source policière, la manifestation qui réunissait "plusieurs milliers de personnes" a donné lieu à des "dégradations" et des "tentatives de départ en cortèges sauvages".

"A l'arrivée déclarée de la manifestation place de la République, et malgré l'appel à la dispersion, un groupe de plusieurs centaines de manifestants ne l'ont intentionnellement pas respecté et ont forcé le barrage des forces de l'ordre", précise la préfecture de police de Paris dans un communiqué ajoutant que les forces de l'ordre ont dû utiliser "des moyens lacrymogènes".

9 interpellations

La préfecture de police de Paris a précisé à l'AFP que neuf personnes avaient été interpellées: six pour participation à un regroupement, une pour outrage, rébellion et jets de projectiles, et deux pour outrage et rébellion.

Cette "marche nocturne", "pour un féminisme populaire antiraciste" était organisée par des collectifs militants distincts de ceux ayant appelé à la marche des "Grandes gagnantes" prévue ce dimanche après-midi. 

Il s'agissait d'une manifestation "non mixte", c'est-à-dire réservée aux femmes ou aux transsexuelles, selon l'appel publié sur le site internet paris.demosphere.net.

Selon la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les hommes et les femmes, Marlène Schiappa, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner "a demandé un rapport à la préfecture de police sur ce qui s'est passé en marge de la #marcheféministe". "Toutes les femmes doivent pouvoir manifester pacifiquement pour faire respecter leurs droits", a ajouté Marlène Schiappa sur Twitter.

Cyrielle Cabot avec AFP