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Société

Journée internationale des droits des femmes: des marches organisées dans toute la France

Manifestation contre les violences faites aux femmes le 23 novembre 2019 à Paris

Manifestation contre les violences faites aux femmes le 23 novembre 2019 à Paris - Dominique Faget - AFP

Ces marches doivent "valoriser les luttes de femmes" et mettre en avant des exigences "d'égalité et d'émancipation", selon un texte des organisateurs.

Des dizaines de milliers de manifestants sont attendus dimanche à Paris et dans une dizaine d'autres villes de France pour la journée internationale des droits des femmes, les militantes voulant faire un point de convergence des "dynamiques féministes".

Contre la réforme des retraites et ses effets supposés négatifs pour les femmes, contre la répartition inéquitable du travail domestique, contre les violences sexuelles et les féminicides, ou encore contre les violences gynécologiques et obstétricales: les mots d'ordre seront multiples dans les défilés, dans la capitale mais aussi à Lyon, Nice, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg ou Nancy...

Cette "Marche des grandes gagnantes" a été nommée ainsi de manière ironique car les organisateurs - plusieurs organisations féministes et syndicales - ne croient pas aux promesses du gouvernement qui assure que sa réforme des retraites sera favorable aux femmes. Ce rassemblement entend "valoriser les luttes de femmes" et mettre en avant des exigences "d'égalité et d'émancipation", selon un texte des organisateurs publié sur plusieurs plateformes.

"Si nous sommes les grandes gagnantes ce n’est pas grâce à la réforme des retraites de ce gouvernement, mais parce que notre mobilisation sera victorieuse", écrivent les organisateurs, "nous sommes les grandes gagnantes parce que nous sommes celles qui brisons le silence et qui dénonçons les violences".

Plusieurs arrêts et interventions prévus

Les participantes sont invitées à se vêtir d'un bleu de travail et d'un fichu rouge, les attributs de la désormais emblématique "Rosie la riveteuse", "icône de toutes les travailleuses invisibles". Depuis plusieurs mois, les opposantes à la réforme des retraites ont pris l'habitude de se grimer de la sorte lors de chorégraphies où elles chantent "À cause de Macron, grandes perdantes nous serons..."

À 15h40 - heure théorique où les femmes cessent d'être rémunérées compte tenu des écarts de salaires entre les sexes -, les manifestantes parisiennes comptent procéder à un "jeter de gants de ménage", manière de protester à la fois contre les inégalités en matière de salaire et de répartition du travail domestique. Sont également prévus un die in pour symboliser les victimes de féminicides et une chorégraphie géante anti-réforme des retraites.

Le défilé parisien, qui doit partir à 14h de la place d'Italie (après un pique-nique féministe), rejoindra la place de la République, via plusieurs étapes symboliques: manifestation devant un centre commercial pour dire "stop au travail le dimanche", souvent imposé aux femmes, devant un hôpital pour la "revalorisation des métiers féminisés" ou devant un hôtel Ibis pour soutenir des femmes de ménage en lutte contre la précarité et les temps partiels.

Trois mois après des manifestations ayant rassemblé 150.000 personnes partout en France à la fin du "Grenelle" contre les violences sexistes et sexuelles, les organisateurs comptent toujours mobiliser sur ce thème pour "briser le silence et dénoncer les violences". Samedi soir déjà, quelques milliers de femmes ont participé à Paris à une "marche nocturne" pour un "féminisme populaire antiraciste", à l'appel de collectifs militants distincts des organisateurs de la "marche des grandes gagnantes".

S. V. avec AFP