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Parents et télétravailleurs: ils racontent leurs astuces (et leurs galères)

Une femme en télétravail, le 14 mai 2020 à Vertou, près de Nantes

Une femme en télétravail, le 14 mai 2020 à Vertou, près de Nantes - Loic VENANCE © 2019 AFP

Ils et elles ont télétravaillé tout en gardant leur enfant. Ces parents racontent à BFMTV.com leurs difficultés mais aussi les trucs qu'ils ont trouvés pour occuper leurs chérubins.

Pas de chômage partiel pour les parents qui peuvent télétravailler. Si le gouvernement a annoncé il y a quelques jours le retour de cette indemnisation pour les salariés contraints de garder leurs enfants à la maison en cas de fermeture d'établissement scolaire, de classe ou encore lorsque les enfants ont été identifiés comme cas-contact, ce n'est pas le cas pour les mères et les pères qui peuvent télétravailler. Or, pour ces derniers, cela a de quoi les angoisser.

Pas loin de "péter un plomb"

Pénélope*, 34 ans, cheffe de produit et mère d'un petit garçon de deux ans, ne souhaite pas que l'expérience du télétravail avec bébé se répète. "Au bout d’une semaine, j'avais déjà commencé à prendre du retard dans mon travail, raconte-t-elle à BFMTV.com. Alors je me suis rapidement mise à travailler le soir, quand mon fils dormait, et le week-end, pendant sa sieste. Au final, je travaillais du lundi au dimanche. Je n'avais plus de vie, plus de rythme, je ne faisais plus que ça."

Pourtant, le confinement avait plutôt bien commencé pour cette Parisienne et son compagnon, développeur informatique. Les choses avaient été cadrées et les deux parents s'étaient partagé la journée pour s'occuper de leur petit garçon: elle le matin, lui l'après-midi. "Mais dans un petit appartement, c'est vite monté en tension." Entre les réunions, les coups de téléphone, les siestes qui se raccourcissaient et "l'impression que notre fils devenait de plus en plus pénible", le couple n'était pas loin de "péter un plomb".

"Au bout de trois semaines, notre fils a commencé à tourner en rond après avoir fait le tour des gommettes, peinture et pâte à sel. Pourtant, on sortait le promener à tour de rôle une heure le matin et une heure l'après-midi, ça permettait aussi à l'autre de travailler. Mais en réalité, ce n'était pas lui le problème, c'est nous qui étions de moins en moins patients et de moins en moins disponibles."

Pourtant, Pénélope avait spécialement pris un congé parental et ne travaillait plus qu'à mi-temps. Si elle assure que son manager ne lui mettait pas la pression, elle devait tout de même faire en quatre heures ce qu'elle faisait habituellement en huit. "En réalité, quand on est cadre, on se met tout seul la pression. Car personne n'aurait fait ce que je n'aurai pas eu le temps de faire, il n'y a personne d'autre à mon poste. Et à la reprise, ça aurait été encore pire."

Dinette avec mamie... par visioconférence

Les choses ont été moins difficiles pour Rémy*, 37 ans, qui a réussi à faire preuve d'inventivité pour conjuguer télétravail et bébé d'un an et demi à la maison. Pourtant, il a lui aussi été très pris par ses fonctions professionnelles, lui qui travaille pour un bailleur social. Il a ainsi inventé une nouvelle forme de babysitting quand sa compagne, sage-femme, était de garde: le télé-babysitting.

Il est ainsi arrivé à plusieurs reprises, notamment lors de réunions téléphoniques auxquelles il ne pouvait pas se soustraire, que sa mère occupe son fils, à distance, mais en direct par appel vidéo. Grand-mère et petit-fils jouaient ainsi ensemble, seulement séparés d'un écran, parfois pendant un long moment.

"Ils jouaient à la dinette, elle lui demandait de lui préparer un café, de lui rapporter doudou. Franchement, je lui décerne une palme d'or, se montre reconnaissant Rémy. Il y a même eu plusieurs réunions qui ont duré près de deux heures, voire un peu plus. Ça s'est super bien passé, il n'y a eu aucun problème, je ne sais pas trop comment elle a fait."

Pour s'assurer de la réussite de l'opération, il a tout même pris ses précautions: ces appels étaient "teasés" et préparés plusieurs jours à l'avance afin de susciter l'intérêt et la curiosité du petit garçon. "Du coup, il devenait demandeur. Là où ma mère a été très forte, c'est qu'elle a réussi à lui faire faire plein de choses." Le méga circuit de train, enrichi avant et pendant le confinement, et modifié tous les matins, ainsi que le vieil ordinateur non branché, mais avec clavier et caisse enregistreuse - "pour faire comme papa" - ont fait le reste quand l'heure n'était pas à la visioconférence avec mamie.

Si le télétravail avec bébé s'est plutôt bien passé pour ce père de famille, il regrette néanmoins d'avoir transgressé la règle de "pas d’écran avant 3 ans" à laquelle il s’était pourtant jusque-là tenu. Et a l'impression désagréable de s'être "mal occupé" de son fils. "Il a beaucoup joué seul et je n'étais disponible pour lui que le soir. Je l'ai mal vécu."

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https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV