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"On se sent seuls": après la neige dans le Sud-Est, des communes toujours sans électricité

Dans les communes où le courant n'est toujours pas rétabli, la grogne grossit parmi les habitants, qui se sentent coupés du monde.

Après les chutes de neige dans le sud-est survenues jeudi dernier, 33.000 foyers sont toujours privés d'électricité ce lundi matin dans la Drôme, l'Isère, l'Ardèche, la Loire et le Rhône. Dimanche soir, 2200 agents étaient toujours en intervention et plusieurs centaines de groupes électrogènes ont déployés pour remédier à cette situation. Mais après quatre jours sans courant, maires et habitants des communes concernés se sentent abandonnés.

"Il n'y a pas de chauffage, pas d'électricité. Pour certains il n'y a pas d'eau, et pas de cuisine pour le tout électrique. Pour ce qui nous concerne, on n'a pas non plus de cantine à l'école! Il va falloir jeter la marchandise", déplore Gabriel Roudon, maire de Véranne, dans la Loire.

Même dépit en Isère, où de nombreuses villes ont passé le week-end sans électricité. Dimanche, dans le département, un couple de retraités qui avait installé un groupe électrogène a ainsi été retrouvé mort, intoxiqué au monoxyde de carbone.

"On est à 30 km de Grenoble, et on se sent seuls quoi. Il n'y a même pas la mairie qui passe pour nous ravitailler en pain, savoir si tout va bien. Rien, quoi!", s'agace Ghislaine, habitante de la commune iséroise de Champier.

Le retour à la bougie et au bois de chauffage

Face à ces coupures massives, les habitants qui vivent sans électricité doivent se débrouiller comme ils peuvent, à l'image de Jean-Charles, qui, privé de réfrigérateur, stocke désormais ses vivre sur sa terrasse, en extérieur.

"Ça serait dommage de mettre toutes les denrées alimentaires, qui coûtent une fortune, à la poubelle", explique-t-il à BFMTV. Cet habitant de Tournon-sur-Rhône, en Ardèche, s'éclaire à la bougie et se chauffe au bois depuis les chutes de neige.

Le courant rétabli "dans le courant de la journée"

Du côté d'Enedis, on assure que les réparations prennent du temps en raison d'un "travail très minutieux".

"Il faut y aller poteau par poteau, ligne par ligne, vérifier qu'on puisse y accéder avec les routes qui sont pas forcément dégagées et qu'on puisse intervenir en toute sécurité", précise Alexandra Bono, chargée de communication du groupe.

Enedis estime qu'il s'agit de la pire situation qu'il ont eu à affronter depuis la tempête de 1999. Sur BFMTV, le directeur de la communication de la société Robin Devogelaere a assuré que "tout sera rétabli dans le courant de la journée".

Juliette Mitoyen