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"On n'est pas à l'abri d'un passage à l'acte": Karine Lacombe réagit aux menaces de mort dont elle fait l'objet

L'infectiologue et plusieurs de ses confrères sont ciblés dans un texte publié sur France Soir les accusant, entre autres, de "lavage de cerveau" et de "propagande". Elle a co-signé une tribune mardi pour faire état de son indignation.

"Stop aux menaces de France Soir et au harcèlement des porteurs de la parole scientifique." Plusieurs professionnels de santé ont fait part de leur indignation mardi, dans une tribune publiée dans L'Express, après la publication d'un texte publié sur France Soir accusant des médecins et soignants de "lavage de cerveau" et de "propagande" sur le vaccin.

"Le plus frappant, c'est ce papier publié sur ce blog, qui n'est plus vraiment un journal, qui a véhiculé des idées complotistes depuis 18 mois", déplore Karine Lacombe, infectiologue et cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, ce mercredi soir sur le plateau de BFMTV. L'intéressée, signataire de la tribune, est directement ciblée par le texte qui a été publié sur France Soir.

L'infectiologue et ses confrères ont la sensation qu'une "barrière a été franchie". "On est nommément présents dans ce papier et en plus il y a des menaces de mort à peine voilées", s'indigne-t-elle. Elle fait ici référence à l'expression "La Veuve s'impatiente", une allusion directe à la guillotine, employée dans le texte incriminant les soignants.

"Il faut arrêter"

Ces menaces, Karine Lacombe les prend très au sérieux. "On n'est pas à l'abri d'un passage à l'acte, craint-elle. On l'a vu l'année dernière avec Samuel Paty."

Elle s'inquiète d'autant plus que le texte a été "relayé par Didier Raoult, entre autres, par d'autres spécialistes comme Idriss Aberkane, qui ont une visibilité importante dans toute une frange de la population qui doute encore de la vaccination, de la façon dont on a affronté l'épidémie".

C'est pourquoi elle a jugé nécessaire de signer la tribune publiée dans L'Express. "On a trouvé très important de dire que maintenant, il faut arrêter. Il faut qu'il y ait des actions qui soient prises", tonne-t-elle.

Le ministre de la Santé interpellé en juin

Ce n'est par ailleurs pas la première fois que Karine Lacombe fait l'objet de menaces. C'est pourquoi, avec d'autres collègues, elle assure avoir interpellé le ministre de la Santé par l'intermédiaire du sénateur Bernard Jomier dès le mois de juin.

Le but? Savoir "quelles sont les mesures qui peuvent être prises pour protéger les médecins, les scientifiques et pour protéger les citoyens qui cherchent à véhiculer de l'information scientifique prouvée", a-t-elle indiqué. À ce jour, "on n'a toujours pas de réponse et c'est vrai que ça nous interroge".

Florian Bouhot Journaliste BFM Régions