BFMTV

Notre-Dame-des-Landes: entre 12.800 et 40.000 manifestants rassemblés pour défendre la ZAD

Entre 12.800 et 40.000 manifestants se sont réunis ce samedi sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes pour manifester de nouveau contre le projet d'aéroport.

Ils étaient plusieurs milliers à avoir répondu à l’appel à la manifestation lancé par les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Selon la préfecture, ils étaient plus de 12.800 personnes à se réunir à la ZAD. Les organisateurs estiment eux le nombre de manifestants à 40.000.

"Nous sommes plus de 40.000. C'est la preuve que les gens sont déterminés venir défendre la ZAD si nécessaire", a réagi Dominique Fresneau, le coprésident de l'Acipa, principale association d'opposants.

Cette protestation, organisée sur la zone d’aménagement de 1.650 hectares, se veut une réponse à la menace d’évacuation par les forces de l’ordre de la ZAD et de ses occupants illégaux.

Peu après 10 heures, trois cortèges se sont élancés à travers le bocage nantais. Ils ont également brandi des banderoles, sur lesquelles sont inscrits différents slogans, comme "Ni béton, ni expulsions" ou "Touche pas à mon campagnol", et scandent "Nous sommes là, nous serons toujours là".

Un bâton de protection planté

Les manifestants se sont tous munis d'un bâton, qu'ils ont par la suite planté dans la terre de Notre-Dame-des-Landes pour former autour du terrain un périmètre de protection. Cette action fait écho à la lutte du Larzac, un mouvement non-violent mené dans les années 1970 contre l'extension d'un camp militaire.

"Le bâton, c'est le bâton du voyage, de la protection, des troupeaux, ce n'est pas le bâton de la défense", explique la représentante d'Attac Geneviève Coffard à l'AFP.

En cas de tentative d'expulsion de la ZAD, il est prévu que les manifestants viennent les récupérer.

Les écologistes mobilisés

Plusieurs personnalités écologistes ont fait le déplacement. L'ancienne ministre du Logement Cécile Duflot, qui a planté un bâton, a estimé "avoir fait une promesse [...] de défendre cette zone humide".

Le candidat à la primaire écologiste Yannick Jadot, également présent, a lui déclaré que cette manifestation n'était pas "la mobilisation de la dernière chance". "La France a besoin de beaucoup d'autres choses que de créer une zone à Notre-Dame-des-Landes", en appelant Manuel Valls à "ne pas essayer de jouer au cow-boy".

Suite de la mobilisation dimanche

La mobilisation continuera dans la soirée avec des lectures et des concerts, avant de se poursuivre dimanche sous d’autres formes. Elle vise à "mettre des bâtons dans les roues du projet", rappelle les opposants. Ces derniers, qui occupent le terrain depuis quinze ans parallèlement à une bataille juridique continue, avaient décidé de l’organisation de cette manifestation après la victoire du “oui” au référendum local sur le projet d’aéroport.

En suspens depuis 2012, les travaux peuvent officiellement démarrer depuis la publication des derniers arrêtés préfectoraux le 14 septembre.

F. H. avec AFP