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Nice: un SDF offre ses économies aux sinistrés des crues, la mairie lui propose un emploi

Ion-Nelu Gioroiu, SDF roumain, offre ses économies aux sinistrés des crues.

Ion-Nelu Gioroiu, SDF roumain, offre ses économies aux sinistrés des crues. - Valery Hache - AFP

Ion-Nelu Gioroiu, de son vrai nom, avait gagné 150 euros en vendant une revue éditée par l'association Solidarité 06 au profit des SDF, et a fait don de cette somme aux sinistrés des crues.

Plus de quatre ans que "Jojo", 52 ans, dormait dehors à Nice. Emu par la détresse des victimes des récentes intempéries dans les Alpes-Maritimes, ce SDF roumain a fait don de ses économies, suscitant en retour un élan de solidarité pour le sortir de la rue.

Ion-Nelu Gioroiu, de son vrai nom, avait gagné 150 euros en vendant une revue éditée par l'association Solidarité 06 au profit des SDF, dont le dernier numéro lui consacre d'ailleurs un portrait.

Installé à l'entrée d'un parking du centre de Nice, tenant parfois la porte aux visiteurs du théâtre, de la bibliothèque ou du musée voisin, toujours avec un mot gentil ou un sourire, "Jojo" confiait dans cet article son espoir de retrouver du travail, un logement et de suivre des cours de français.

Un emploi et un logement

Son voeu est aujourd'hui exaucé: sa soudaine notoriété, après que les médias locaux ont raconté qu'il avait donné toutes ses économies aux sinistrés, va changer sa vie. Un emploi au service propreté de la mairie lui est promis et pour la première fois, "il ne dort plus dehors: une bienfaitrice a mis à disposition un logement via l'association Café Suspendu, explique un bénévole du Secours populaire qui lui apportait ses repas lors des maraudes du soir.

"Je l'ai réveillé ce matin à 8h dans l'appartement, il est heureux et aux anges. Il m'a dit 'ça fait bizarre d'avoir des clés dans la poche' et il a eu énormément de mal à dormir, la journée d'hier a été chargée en émotions et ça fait 21 ans qu'il n'avait plus de toit", ajoute ce bénévole, qui a préféré garder l'anonymat.

"Je vais continuer à le suivre", a-t-il ajouté, prévoyant notamment de l'accompagner au consulat roumain de Marseille pour l'aider à refaire ses papiers volés par des agresseurs.

Abandonné à sa naissance à Craiova (sud-ouest de la Roumanie), son protégé a survécu à de nombreux coups du sort: l'orphelinat sous l'ère Ceausescu, la rue à la révolution de 1989, les boulots sans papier en Italie avant de venir en France en 2017 où il a fait un peu de jardinage chez des particuliers, avant d'installer son matelas près du Musée d'art moderne et contemporain (Mamac).

S.B.-E. avec AFP