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Nazisme: la difficile identification des Français bénéficiaires de pensions allemandes

Des soldats allemands tenant un drapeau nazi au moment de la libération (photo d'illustration) - AFP

Des soldats allemands tenant un drapeau nazi au moment de la libération (photo d'illustration) - AFP - AFP

Une cinquantaine de Français toucheraient encore des indemnités pour leur collaboration avec l’Allemagne nazie durant la Seconde guerre mondiale.

La nouvelle a créé un certain malaise. Une cinquantaine de Français toucheraient encore des indemnités pour leur collaboration avec l’Allemagne nazie durant la Seconde guerre mondiale. Du côté du gouvernement, on tente de calmer la polémique en assurant ne pas avoir connaissance de cette pension, tout en promettant d’identifier les bénéficiaires.

2000 bénéficiaires dans le monde

Le ministère allemand du Travail a annoncé la semaine dernière que 2000 personnes percevaient encore une pension en rapport avec la Seconde Guerre mondiale. Cette pension est encadrée par une loi allemande de 1951 qui vise à l'indemnisation des victimes de guerres allemandes. Elles bénéficient également à d'anciens nazis, des collaborateurs étrangers du régime d'Adolf Hitler et à des personnes enrôlées de force par lui.

Parmi eux, Berlin a fait savoir que 54 personnes étaient des Français (loin derrière la Pologne avec 573 bénéficiaires). Interrogée par Le Parisien, la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq, a déclaré:

“Nous n’avions pas connaissance de cette pension”. D’après elle, les bénéficiaires sont peut-être des personnes ayant “subi des blessures après avoir servi dans la Wehrmacht” en citant le cas “d’anciens soldats” ou “des veuves”.

Les "Malgré-nous"

La secrétaire d’Etat rappelle également le cas des “Malgré-nous”, ces habitants de l’Alsace en Moselle incorporés dans l’armée allemande durant la Seconde guerre mondiale mais encore se sentant davantage attachés à la France.

En principe, les anciens membres de la SS en sont exclus tout comme les personnes condamnées pour crimes de guerre. Mais récemment, un quotidien belge a dévoilé que d’anciens soldats belges SS auraient perçu cette pension.

Eviter la polémique

La secrétaire d’Etat demande donc du temps pour “rechercher plus finement de qui il peut s’agir (...), étudier les choses calmement, de ne pas précipiter la polémique”. Elle assure que la France et l’Allemagne travailleront main dans la main sur ce dossier. Pourtant, d’après des informations d’Europe 1, Berlin n’a pas l’intention de livrer les noms des bénéficiaires par respect “du principe de la protection des données personnelles”.

Depuis 2008, la loi permet aux Länder - les entités fédérées allemandes - qui versent les sommes en cause d'en suspendre le paiement. Dans le cas des Français, c’est, selon Europe 1, la Sarre qui s’occupe du versement. Mais selon des données du gouvernement fédéral allemand datant de 2017, cette possibilité a cependant été peu utilisée.

Esther Paolini avec AFP