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Morgue provisoire de Rungis: l'État prendra en charge les frais pour les "inhumations anormalement longues"

Le dépassement fréquent du délai légal de six jours pour inhumer un défunt, lié à la saturation des services funéraires, entraîne un surcoût de 35 euros par jour pour les familles des victimes.

La polémique sur la tarification de la manutention des cercueils à la morgue provisoire de Rungis fait rage. Le sujet, jeté sur le devant de la scène par la présidente des pompes funèbres de France mercredi sur le plateau de BFMTV, a poussé le ministère de l'Intérieur à réagir.

"Compte tenu de la situation sanitaire exceptionnelle actuelle, et afin que les familles des défunts d'Île-de-France accueillis au dépositoire de Rungis n'en supportent pas financièrement les conséquences, la puissance publique prendra en charge les frais supplémentaires occasionnés pour elles par des délais d'inhumation ou de crémation anormalement longs", explique le ministère dans un communiqué transmis à la presse ce jeudi.

Contacté par BFMTV, OGF a détaillé ses tarifications, confirmant les informations de l'Agence France-Presse (AFP). L'opérateur demande 159 euros afin de réceptionner la dépouille et la conserver pendant six jours. Au-delà, il est nécessaire de s'acquitter de 35 euros par jour. En raison de la surmortalité liée au coronavirus, comme expliqué dans le communiqué, le délai légal de six jours pour inhumer un défunt est souvent dépassé.

Une mission diligentée par le ministère

15 espaces de recueillement sont en outre mis à la disposition des familles pour "une heure maximum", au prix de 55 euros, selon un document consulté par l'AFP. 

Selon le groupe, l'argent récolté va servir à payer la trentaine de personnes employées tous les jours sur le site. Dans un hôpital, le corps d'un défunt est conservé trois jours et il est nécessaire de payer une fois ce délai expiré.

Le ministère de l'Intérieur précise dans son communiqué qu'une mission sera diligentée "pour s'assurer du caractère strictement conforme à la réglementation des prestations facturée par l'opérateur privé", en l'occurence OGF, en charge du dépositoire. 

Florian Bouhot avec AFP