BFMTV

Coronavirus: ce que l'on sait de la morgue installée provisoirement à Rungis

Un cercueil.

Un cercueil. - SEBASTIEN BOZON / AFP

Un hall du marché de gros de Rungis, dans le Val-de-Marne, a été réquisitionné début avril par le préfet de police pour recevoir les cercueils des victimes du coronavirus.

Face à la forte mortalité en Île-de-France en raison de l'épidémie meurtrière de coronavirus, le préfet de police a réquisitionné début avril un hall du marché de gros de Rungis, dans le Val-de-Marne, afin d'accueillir les cercueils des victimes du Covid-19.

La gestion du site a été confiée à l'opérateur funéraire OGF. Une polémique est née mercredi soir autour des sommes facturées aux familles des défunts.

"Il me semble anormal que les contraintes liées à la situation de confinement et à des mortalités massives soient imputées financièrement aux familles", a réagi jeudi Christophe Castaner devant la mission d'information de l'Assemblée nationale sur l'épidémie de Covid-19.

Le ministre de l'Intérieur dit avoir "demandé un contrôle". Contacté par BFMTV, OGF a détaillé ses tarifications, confirmant les informations de l'Agence France-Presse (AFP). L'opérateur demande 159 euros afin de réceptionner la dépouille et la conserver pendant six jours. Au-delà, il est nécessaire de s'acquitter de 35 euros par jour. En raison de la surmortalité liée au coronavirus, le délai légal de six jours pour inhumer un défunt est souvent dépassé.

Selon le groupe, l'argent récolté va servir à payer la trentaine de personnes employées tous les jours sur le site. Dans un hôpital, le corps d'un défunt est conservé trois jours et il est nécessaire de payer une fois ce délai expiré.

Des locaux aménagés comme un funérarium

Concernant l'accueil des familles, les pompes funèbres en charge de la gestion des lieux ont tenté d'aménager les lieux comme dans un funérarium. Les locaux ont été repeints, de la moquette a été mise au sol. Les lieux sont fleuris.

15 espaces individuels ont été mis en place. Cet espace de recueillement est mis à la disposition des familles pour "une heure maximum", au prix de 55 euros, selon un document consulté par l'AFP. 

Polémique sur les tarifs

La polémique a commencé mercredi soir, après que la présidente des pompes funèbres de France, Sandrine Thiefine, a déclaré sur notre antenne que "le passage du cercueil à Rungis (était) payant pour les familles. Et ça, ce n'est pas acceptable".

Le groupe OGF serait un concurrent de Mme Thiefine, selon une source proche du dossier à l'AFP. "Les tarifs sont ceux qui se pratiquent dans les funérariums", selon cette source. Une trentaine de cercueils y ont été reçus le week-end dernier, selon cette même source.

"Si les corps n'étaient pas déposés à Rungis, ils seraient transférés dans un funérarium", a expliqué à l'AFP Camille Strozecki des Pompes funèbres 1887 qui a déposé deux cercueils à Rungis.

"Pour un décès classique, une semaine en funérarium à Paris coûte environ 750 euros. Les tarifs appliqués à Rungis ne sont donc pas si élevés ", selon lui.

Mélanie Vecchio avec Clarisse Martin et AFP