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Militaires agressés à Valence: le suspect mis en examen pour tentatives d'homicides

Le forcené ayant foncé en voiture sur des militaires, à Valence, a été mis en examen dimanche.

Le forcené ayant foncé en voiture sur des militaires, à Valence, a été mis en examen dimanche. - Patrick Gardin - AFP

La garde à vue du forcené qui a foncé en voiture, vendredi, sur quatre militaires en faction devant une mosquée à Valence, s'est terminée ce dimanche après-midi. Le suspect a été mis en examen pour tentatives d'homicides sur dépositaires de l'autorité publique.

A l'issue de sa garde à vue, qui s'est achevée à 15 heures ce dimanche, Raouf El Ayeb, l'homme de 29 ans originaire de Bron ayant foncé en voiture sur quatre militaires, vendredi, à Valence a été présenté à un juge et mis en examen pour tentatives d'homicides sur personnes dépositaires de l'autorité publique, a indiqué le procureur de Valence, en fin d'après-midi. "Le juge d'instruction s'est déplacé à l'hôpital pour la mise en examen car le forcené est toujours hospitalisé", a précisé le procureur, Alex Perrin.

Pas placé en prison ce dimanche

La motivation terroriste n'a donc pas été privilégiée pour cette mise en examen. La peine du suspect peut aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité.

Il ne sera pas physiquement placé en prison dès ce dimanche soir, étant donné qu'il est toujours hospitalisé, mais il dépend déjà de l'autorité carcérale. Raouf El Ayeb devrait être placé "sous écrou, relevant de l'administration pénitentiaire", "le privant d'une liberté de mouvements" avec deux agents pénitentiaires devant sa chambre d'hôpital "et de visites", a expliqué le procureur à ce sujet.

"Dès que son transport va être possible, il est probable qu'il sera orienté à l'initiative de l'AP sur une structure médicalisée en établissement pénitentiaire", a conclu le magistrat.

"En retrait" par rapport à ses déclarations précédentes

Devant le magistrat instructeur, le suspect a été "en retrait" par rapport à ses déclarations initiales, affirmant n'avoir voulu que "renverser" les militaires.

"Nous avons considéré que de toute façon la répétition de la charge (ndlr: avec une voiture à trois reprises), qui était de nature à pouvoir tuer les militaires, et puis l'expression qui a été la sienne d'une intention illicite, suffisent à caractériser une volonté de meurtres", a expliqué le procureur.

Les enquêteurs penchaient pour la thèse d'un acte isolé, d'un "coup de folie" non prémédité. L'homme aurait "vu rouge" en voyant les militaires devant la mosquée, et aurait voulu s'en prendre à eux car "ils tuent des civils, notamment en Syrie", a-t-il indiqué pendant sa garde à vue. "Je voulais les agresser mais pas les tuer", a-t-il précisé.

Interrogé sur les images de propagande jihadiste retrouvées dans son ordinateur, le suspect a admis les avoir regardées. Selon le procureur, il s'agit d'images guerrières mais non violentes. Les enquêteurs veulent également faire des vérifications auprès de la famille du suspect, pour s'assurer qu'il n'y a pas eu de dérive radicale autour de lui. 

"Tuer des militaires" et "être tué par des militaires"

Lors de sa première audition samedi, l'homme, Français d'origine tunisienne, n'avait "pas contesté la matérialité (des faits) et sa volonté effectivement de renverser les militaires, de les agresser, de les tuer peut-être aussi". Il avait déjà tenu des propos en ce sens vendredi lors de sa prise en charge par les secouristes.

"Lorsqu’il a été pris en charge par les services de secours il a tenu des propos assez confus, indiquant qu’il souhaitait tuer des militaires parce que les militaires tuaient des gens - c'est la formule qu'il a employée" a indiqué le procureur de la République à Valence, Alex Perrin, samedi. "Et d’autre part, il indiquai qu'il souhaitait être tué par des militaires, comme si c’était une façon de se présenter comme un martyr".

Le conducteur de 29 ans était inconnu des services de police et aucune arme n’a été saisie dans son véhicule ou à son domicile. Un possible "syndrome dépressif" après une perte d'emploi a été évoqué par le procureur, samedi soir. A Bron, au domicile du suspect, les enquêteurs se sont intéressés au contenu de son ordinateur. Ils y ont retrouvé des images de propagande jihadiste. Des images qui "peuvent être trouvées par n’importe qui sur Internet" ont précisé les enquêteurs. 

"Une certaine religiosité"

L'homme est un musulman pratiquant, qui aurait invoqué la religion lorsqu’il a foncé sur les militaires.

"Il aurait proféré un certain nombre de propos, notamment indiquant 'Allah est grand', qui montrent bien qu’il y a tout de même un lien avec une certaine religiosité", a précisé le procureur.

Il semblerait que l’homme ait agi en solitaire et n’aurait pas de lien avec une organisation terroriste. Aucun complice ni commanditaire n’a été identifié. Des interrogations subsistent sur sa santé mentale. Il est "sans antécédents pénaux" et "inconnu des services de renseignement". La fouille de son domicile et de sa voiture n'a pas permis de trouver d'arme.

A.S. avec Anne Saurat-Dubois et C. P.