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Migrants: des gymnases franciliens réquisitionnés en vue de l’évacuation du camp du Millénaire

Plusieurs communes de l'Essonne et du Val-de-Marne se préparent à accueillir des migrants, alors que l'évacuation du campement du Millénaire à Paris devrait intervenir ces prochains jours.

Au moins trois gymnases ont été réquisitionnés en Ile-de-France en vue de l'évacuation du camp du Millénaire et de plusieurs campements au bord du canal Saint-Denis et du canal Saint-Martin à Paris. En tout, jusqu'à 2.400 migrants présents sur ces sites devraient être évacué par les autorités cette semaine.

A Choisy-le-Roi, dans le Val-de-Marne, le gymnase interdépartemental devrait accueillir 80 à 90 personnes. A quelques kilomètres de là, le gymnase Maxime-Négro de Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne accueillera aussi des migrants. Comme à chaque réquisition de lieu d'accueil, les riverains sont partagés par la nouvelle.

"C'est un endroit où j'emmène souvent mes enfants, il y a pas mal d'activités sportives. Je trouve que c'est quand même dommage de pénaliser ces lieux", estime un habitant quand un autre, au contraire, salue cet accueil. "Je pense que c'est une bonne chose que la commune accueille des migrants. Mes parents sont émigrés aussi, du Chili. On a été accueillis par la France, je pense qu'il faut à chacun laisser sa chance", souligne cet autre riverain. 

L'appel de Morsang-sur-Orge à un accueil "fraternel"

Dans la ville de Morsang-sur-Orge, la mairie a décidé d'informer ses administrés de l'accueil "d'une petite centaine de personnes" pendant "deux à trois semaines". "Nous serons, évidemment, accueillants et fraternels" écrit l'équipe municipale (PCF) dans un communiqué. Avec l'association qui accompagnera les migrants sur place, la commune proposera aux habitants qui le souhaitent d'"aller à leur rencontre pour dialoguer et faire avancer la cause d'une humanité solidaire et fraternelle". 

D'autres lieux d'accueil doivent aussi être réquisitionnés dans la région. Anne Hidalgo a par ailleurs fait savoir mettre six sites à la disposition de l'Etat, appelant le gouvernement à agir. Une trentaine d'associations ont par ailleurs lancé une pétition en ligne pour demander "l'hébergement en urgence des personnes réfugiées", craignant des "drames inévitables". Début mai, deux migrants sont morts noyés dans le canal Saint-Martin. Les associations parmi lesquelles figurent France terre d'asile ou encore la fondation Abbé Pierre disent également constater "une dégradation très importante, jour après jour, de l'état sanitaire et psychologique de cette population".

C. B avec Barthélémy Bolo, Louise Pezzoli, Lucie Nolorgues