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Meurtre d'Agnès Marin: Matthieu rejugé en appel

Matthieu, le meurtrier présumé d'Agnès Marin, se cache sous une couverture lors de son procès en première instance, le 18 juin 2013.

Matthieu, le meurtrier présumé d'Agnès Marin, se cache sous une couverture lors de son procès en première instance, le 18 juin 2013. - Thierry Zoccolan - AFP

Matthieu, condamné en première instance pour le viol et le meurtre de la jeune fille de 13 ans, retrouvée carbonisée au Chambon-sur-Lignon en 2011, est rejugé en appel devant les assises des mineurs du Puy-de-Dôme. Le procès devrait durer dix jours et se tenir à huis clos partiel.

L'affaire avait fait grand bruit en 2011, et était même remontée jusqu'au Premier ministre d'alors, François Fillon. Matthieu, condamné à la perpétuité en première instance, pour le viol et le meurtre d'Agnès Marin, une pensionnaire de 13 ans du collège Cévenol (Haute-Loire) retrouvée morte au Chambon-sur-Lignon en 2011, est rejugé à partir de lundi devant les assises des mineurs de Riom, dans le Puy-de-Dôme.

La récidive en question

Le 16 novembre 2011, Agnès Marin, élève en troisième au collège-lycée Cévenol, établissement privé du Chambon-sur-Lignon, disparaissait après une après-midi libre. D'importantes recherches étaient organisées, auxquelles participait le jeune Matthieu.

Très vite, les soupçons s'étaient resserrés sur cet élève de première, portant des griffures au visage. Placé en garde à vue le 17 novembre, le jeune homme, "froid et sans émotion" selon le parquet, finissait par craquer et conduisait le lendemain soir les enquêteurs vers un ravin d'une forêt des environs, où gisait le corps carbonisé de la jeune Agnès.

Outre les violences sexuelles, l'autopsie dénombrera dix-sept coups de couteau dans le thorax et à la tête d'Agnès. Son ADN était également retrouvé dans une tache de sang sur le jean porté par Matthieu ce jour-là.

L'adolescent expliquait alors avoir attiré sa camarade dans la forêt au prétexte de cueillir des champignons hallucinogènes. La personnalité de l'accusé, ayant une addiction aux stupéfiants et aux jeux vidéo et qualifié par les experts de garçon "aux traits pervers très actifs et effrayants", devrait être à nouveau au coeur des débats de ce procès en appel. Tout comme les failles du contrôle judiciaire strict assuré par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) du Gard.

Condamnation unique à ce jour

En juin 2013, la cour d'assises des mineurs de Haute-Loire était allée au-delà des 30 ans de réclusion réclamés par le ministère public à l'encontre de Matthieu. Une condamnation à perpétuité unique à ce jour pour un mineur, à l'exception de celle de Patrick Dils en 1989 pour le double meurtre de Montigny-les-Metz, mais acquitté en 2002.

"Cette peine n'a pas de sens. Cela signifie qu'on le considère comme un monstre qu'il convient d'éliminer, qu'on a fait d'ores et déjà une croix sur la perspective de ce garçon de se soigner et de s'améliorer", a déclaré l'une des deux avocates, Me Isabelle Mimran, qui avait fait appel.

Pour la famille Marin, c’est un série de dysfonctionnements judiciaires psychiatriques et scolaires qui sont à l’origine de la mort d’Agnès. Des failles que l'avocat de la famille, Me Francis Szpiner veut à nouveau dénoncer. "Déjà, envoyer quelqu’un pour suivi pour viol dans un internat mixte nous paraît une aberration. Mais ensuite, il devait y avoir un suivi médico-psychologique qui n’a pas existé", explique-t-il au micro de BFMTV.

Ce procès de dix jours devrait se tenir à huis clos partiel, la défense de Julie ayant accepté sous conditions que les débats ne concernant pas sa cliente soient publics. Une requête de la famille Marin, qui entend dénoncer "les dysfonctionnements de l'institution judiciaire". Et qui a assigné l'Etat pour faute lourde devant le tribunal de Paris. Verdict attendu le 10 octobre.

V.R. avec AFP