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Meurtre d'Agnès: Matthieu, un accusé qui a trompé son monde

Matthieu (g.) derrière ses avocats, mardi, au premier jour de son procès.

Matthieu (g.) derrière ses avocats, mardi, au premier jour de son procès. - -

Au premier jour de son procès, la cour d'assises de Haute-Loire s'est penchée sur la personnalité de Matthieu, 19 ans, accusé du viol et du meurtre d'Agnès Marin en 2011.

"Grand enfant", "adolescent très intelligent", "incapable d'exprimer une émotion"... Mardi, au premier jour de son procès, la cour d'assises des mineurs de Haute-Loire s'est penchée sur la personnalité de Matthieu, 19 ans, jugé pour le viol et l'assassinat d'Agnès Marin, en novembre 2011 au Chambon-sur-Lignon.

Une personnalité d'autant plus scrutée que le garçon avait par le passé réussi à tromper les experts sur sa dangerosité. Car Matthieu comparaît également pour le viol sous la menace d'une amie d'enfance, un an et demi avant l'assassinat d'Agnès. En novembre 2010, il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire car le pédopsychiatre qui l'avait examiné avait conclu à une "absence de dangerosité". Un an tout juste avant la mort d'Agnès.

"Un adolescent très intelligent"

Cet expert, qui témoignera mercredi, se dit aujourd'hui "catastrophé". Dans une interview au quotidien La Montagne, il reconnaît que "Matthieu avait une addiction énorme aux stupéfiants et aux jeux vidéos et une vulnérabilité psychologique qui a été sous-évaluée".

Mais il n'est pas le seul à avoir été déconcerté par la personnalité complexe du jeune homme. Une mère d'élève du collège-lycée Cévenol, que fréquentaient le garçon et sa victime présumée, a été frappée mardi par la "coque vide, blanche, totalement détachée de tout" de l'adolescent pâle assis dans le box.

Elle, se souvient d'un "adolescent très intelligent, qui aimait jouer de la guitare", qui "avait eu une petite copine" et "aimait discuter des choses profondes de la vie et de la mort, car il était très préoccupé par l'actualité".

"Banalité du mal"

Au cours de l'année 2010-2011, le lycéen avait pourtant fait l'objet de deux procédures disciplinaires dont les raisons n'ont pas été dévoilées à l'audience. À l'époque, son père avait convaincu le collège de ne pas le renvoyer.

Pour l'avocate de la défense, Joëlle Diez, Matthieu est "un grand enfant", "incapable d'exprimer une quelconque émotion". "Quand on bouscule les choses, on se heurte à un possible mutisme", a-t-elle analysé devant la cour, n'hésitant pas à parler de "pathologies".

Elle a également raconté comment, durant sa garde à vue, Matthieu "baillait aux corneilles" car il "n'était pas dans la réalité". "Ce n'est que dans le dernier quart d'heure qu'il nous a expliqué ce qu'il a au fond de lui." Cette indifférence, l'avocat de la famille d'Agnès Me Francis Szpiner l'a pour sa part qualifiée de "banalité du mal".


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M. T. avec AFP