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Marche pour le climat et gilets jaunes: la grande confusion

Des manifestants lors de la marche pour le climat à Paris, le 21 septembre 2019.

Des manifestants lors de la marche pour le climat à Paris, le 21 septembre 2019. - Thomas SAMSON / AFP

15.200 personnes ont manifesté ce samedi lors de la marche pour le climat à Paris. Parmi eux, et comme dans plusieurs autres rassemblements en France, difficile de distinguer le nombre réel de gilets jaunes des militants écologistes.

Samedi, les appels à "la convergence des luttes" s'étaient multipliés sur les réseaux sociaux. Pour leur rentrée, les gilets jaunes espéraient faire front commun avec les manifestants écologistes et montrer au gouvernement que, loin de s'essouffler, le mouvement redoublait de ténacité. Mais au lendemain de la manifestation parisienne perturbée par l'infiltration d'un millier de black blocs, la confusion règne autour de leur mobilisation réelle dans les cortèges.

Mutation

Depuis le printemps, les traditionnelles manifestations des gilets jaunes n'ont cessé de se dépeupler. Beaucoup espéraient que la journée de samedi, en s'appuyant sur la marche verte, marque un nouveau souffle. Jérôme Rodriguez avait lui-même reconnu vendredi la nécessité que "le mouvement mute":

"Je suis pour converger vers la lutte contre le mal-être, pour la justice environnementale et pour intégrer des cortèges différents", avait-il indiqué à l'Agence-France-Presse (AFP).

Du côté des associations écologistes en revanche, l'enthousiasme n'était pas débordant. "Il y a une volonté de se réunir mais nos formes d'action sont trop différentes et leurs manifestations sont non déclarées", expliquait à l'AFP Elodie Nace, la porte-parole du mouvement écologiste Alternatiba. 

Des gilets jaunes pas gilets jaunes

À Paris, lors des premiers attroupements dans le secteur de la Madeleine puis de Saint-Lazare samedi matin, la consigne semblait avoir été donnée de ne pas revêtir le traditionnelle chasuble fluorescent, quasiment invisible dans les rassemblements.

Dans le cortège pour le climat entre le jardin du Luxembourg et Bastille en d ébut de soirée, des gilets jaunes ont bien été aperçus, mais il s'agissait de ceux du mouvement des "Peace-Keepers", lancé en 2015 au moment de la COP 21.

"On le porte pour le rôle de Peace-Keepers, celui qui abaisse les tensions. Ça ne veut pas dire qu'on se désolidarise des gilets jaunes, au contraire la justice sociale et climatique va de pair. Mais le gilet vient d'avant", nous explique une militante en amont du défilé. 

Gonfler le Nombre jaune?

Alors que les gilets jaunes étaient jusque-là facilement identifiables, ils étaient volontairement dispersés dans les différents cortèges, dont celui de la réforme des retraites. Pour éviter un comptage clair?

Samedi soir, le "Nombre jaune", le chiffrage établi par les militants, s'est félicité d'une mobilisation à "91.430 manifestants minimum", ne semblant pas distinguer les marcheurs pour le climat de leurs militants. Une critique formulée par de nombreux écologistes eux-même ce samedi. Et qui pourrait expliquer en partie ce fort regain de participation, bien supérieur à cet été par exemple, où le "Nombre jaune" atteignait difficilement les 20.457 personnes le 6 août dernier, lors d'une manifestation en hommage à Steve Maia Caniço, mort à Nantes le soir de la Fête de la musique lors d'une intervention des forces de l'ordre.

Un phénomène similaire a été pointé du doigt dans plusieurs rassemblements organisés en région par des militants écologistes, tous ne voyant pas d'un très bon oeil cette "convergence des luttes" avec les gilets jaunes. A Paris, 15.200 personnes ont participé à la marche pour le climat selon le comptage du cabinet indépendant Occurence, contre 50.000 selon les organisateurs. Aucune donnée officielle ou autre n'existe par ailleurs pour les rassemblements organisés en dehors de la capitale.

E.P avec AFP