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Service minimum : mêmes couacs pour la prochaine grève ?

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Lors de la prochaine grève enseignante le 15 mai, Xavier Darcos veut remettre en place le service minimum, malgré le refus de plusieurs communes.

Le service minimum dans les écoles pendant les grèves est de retour un peu plus tôt que prévu. Il sera de nouveau appliqué le 15 mai prochain, journée d'action des enseignants, selon l'annonce de Xavier Darcos ce week-end. Pourtant, le ministre de l'Education Nationale, après un premier test en janvier, avait annoncé des discussions avec les syndicats ou une loi.

Lors de la grève du 24 janvier, 2 023 communes avaient organisé ce système de service minimum. Le 15 mai, le principe sera le même: des agents municipaux accueilleront les enfants de maternelle et de primaire dont les professeurs sont en grève. Ils seront rémunérés grâce aux retenues sur salaires des grévistes.

La ville de Paris, comme lors de la dernière grève dans les écoles, n'organisera pas ce service minimum le 15 mai. Pascal Cherki, adjoint à la mairie de Paris en charge de la vie scolaire, conseille aux parents mécontents de se « tourner vers le gouvernement. Je rappelle quand même que le service public d'éducation est de la responsabilité du gouvernement. Quand les écoles sont fermées parce qu'il n'y a pas d'enseignement, hors du temps scolaire, nous organisons des activités périscolaires mais nous n'avons pas la responsabilité de l'accueil des enfants pendant le temps scolaire. Si le gouvernement veut organiser un service minimum, qu'il s'en donne les moyens, avec ses fonctionnaires. Mais qu'il ne reporte pas sur les communes la responsabilité des conséquences d'une grève qu'il a lui-même provoqué par sa politique. Nous n'utiliserons pas des agents communaux pour attenter au droit de grève de fonctionnaires d'Etat ».

« On met les pompiers ? Les jardiniers ? Les femmes de ménage ? »

Lors de la dernière grève dans les écoles le 24 janvier dernier, très peu de communes de moins de 3 000 habitants avaient mis en place ce service minimum. Gérard Pelletier, le président de l'association des maires ruraux, s'exclame : « Comment voulez-vous qu'on fasse compte tenu du fait qu'on en dispose pas de personnel à disposition sur des effectifs qui sont déjà faméliques dans les communes de moins de 3 000 habitants ? Sur le plan budgétaire, les choses seraient à peu prêt équilibré, mais ce n'est pas le problème. On ne peut pas techniquement sortir du néant des fonctionnaires municipaux qui ne serviraient qu'à être du supplétif le jour des grèves. Va-ton prendre les pompiers ? Les jardiniers ? Les agents de voirie ? Les femmes de ménage ? Ca me paraît aussi mal bricolé que la première fois ».

L'UMP appelle de son côté ses maires à mettre en place ce service minimum, un service défendu par la PEEP, fédération de parents d'élèves. Corinne Tapiera, sa vice-présidente, explique que « s'agissant de remettre en cause le droit de grève, c'est un argument « tarte à la crème » car je ne crois pas que ce soit un bon exemple à donner aux élèves que de contester systématiquement des décisions qui viennent d'en haut. Je trouve extrêmement culotté de la part de la FCPE et des syndicats d'enseignants de contester le fait que cette journée d'école non-effective soit une garderie. Qu'est-ce qu'ils préfèrent ? Que les enfants soient dans les rues ? »

La rédaction avec Céline Martelet et Marie Coeurderoy