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Meurtriers présumés libérés: colère des parents de la victime

Jérémy, 17 ans, avait été tué par une bande en 2009. La remise en liberté des deux principaux suspects indigne ses parents.

Jérémy, 17 ans, avait été tué par une bande en 2009. La remise en liberté des deux principaux suspects indigne ses parents. - -

Quinze mois après la mort de leur fils de 17 ans, tabassé lors d'une fête dans les Pyrénées-Atlantiques, les parents de Jérémy sont en colère: deux des principaux suspects viennent d'être remis en liberté. Le père et la mère témoignent sur RMC.

La douleur et la colère des parents de Jérémy dans le Gers. Quinze mois après la mort de leur fils de 17 ans, tabassé par un groupe de dix personnes, deux des principaux accusés dans cette affaire viennent d'être remis en liberté par la justice.

Le drame avait eu lieu dans la nuit du 21 au 22 août 2009 lors des fêtes de Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques. Aux alentours de 2h30 du matin, l'adolescent s'était fait accoster par une dizaine de personnes, puis passer à tabac. Il n'avait pas survécu à ses blessures. D'après l'enquête, Jérémy est passé au mauvais endroit au mauvais moment.

Depuis, dix jeunes ont été mis en examen pour homicide volontaire et violences aggravées. Mais fin octobre deux d'entre eux, considérés comme les meneurs, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Insoutenable pour les parents de Jérémy, qui ont mis en ligne sur leur site internet, une pétition.

« La justice est en train de nous lâcher »

Joël Censier, son père - un ancien fonctionnaire de police - ne digère pas la nouvelle. Sur RMC, il témoigne : « Je trouve indécent qu'on ait remis en liberté des gens qui sont capables d'avoir fait tout ce que je décris sur le net, à notre fils. On lui a porté un nombre incalculable de coups de couteau, six voire sept. Je veux, avec mon épouse, pouvoir dire à mon fils que la justice lui a été rendue. Malheureusement, quand je vois les tournures que prennent les choses, je suis obligé de constater qu'elle est en train de nous lâcher, la Justice. Si je fais ça, c'est pour que l'ensemble du public ait les informations sur ce qui s'est passé. On souhaite rassembler un maximum de signatures pour que l'ensemble arrive sur le bureau des ministres de l'Intérieur et de la Justice, et qu'ils soient mis au courant de ce qu'il se passe. Sur le fait qu'un nombre de plus en plus important de gens demandent tout simplement la justice ».

« Je n'accepterai pas qu'on victimise ses agresseurs »

Corinne, la mère de Jérémy, est au bord des larmes lorsqu'elle évoque cette double libération : « C'est un acte de barbarie qui a été commis sur mon fils. On ne peut pas accepter que ces gens-là passent pour des anges et qu'ils soient remis en liberté. Je le refuse. Mon fils a été sauvagement assassiné, j'ai pleuré pendant quinze mois et maintenant je dis stop. Je ne pleure plus, il faut que je défende mon fils, il faut que j'aille jusqu'au bout. Je n'accepterai pas qu'on victimise ces agresseurs pour les actes qu'ils ont commis ».