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Manifestations en faveur des langues régionales

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PARIS (Reuters) - Des manifestations en faveur des langues régionales se sont déroulées samedi dans une dizaine de villes de France, dont Strasbourg,...

PARIS (Reuters) - Des manifestations en faveur des langues régionales se sont déroulées samedi dans une dizaine de villes de France, dont Strasbourg, Lille, Quimper, Toulouse, Perpignan et Ajaccio, à l'appel d'une coordination nationale.

Les associations culturelles et les mouvements régionalistes revendiquaient, au travers de cette initiative, un "statut", garanti par la loi, pour les langues régionales.

Les organisateurs voulaient notamment interpeller les candidats à l'élection présidentielle sur la Charte européenne des langues nationales et minoritaires que la France a jusqu'ici refusé de ratifier en arguant du fait que sa constitution ne reconnaît pas les minorités.

Le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen (FN) restent sur cette position tandis que François Hollande (PS), François Bayrou (MoDem) et Eva Joly (EELV) sont favorables à une ratification.

La candidate écologiste, qui a manifesté à Toulouse, estime que "la crainte" des dirigeants français devant les langues et cultures régionales est "révélatrice du centralisme excessif de notre pays".

"Ce tabou, je veux le faire sauter: les langues et les cultures régionales ont un avenir en France!", a-t-elle indiqué dans un communiqué. "Les régions doivent pouvoir choisir une langue régionale comme co-officielle avec le français, et disposer d'une plus grand autonomie si elles le souhaitent."

A Strasbourg, un peu plus de 500 personnes, drapeaux rouges et blancs au vent - les couleurs de l'Alsace - se sont rassemblées place Kléber, au centre-ville, où un podium était dressé pour les prises de parole et les chansons en alsacien.

En dépit d'une affluence assez faible, Andrée Munchenbach, conseillère générale écologiste indépendante du Bas-Rhin et l'une des organisatrices de la manifestation, a estimé qu'il s'agissait d'un "un succès pour une première".

Les revendications en faveur de la langue régionale en Alsace, un dialecte alémanique, ont longtemps pâti du souvenir de la seconde guerre mondiale et de l'annexion par les nazis auxquels s'étaient ralliés les autonomistes alsaciens.

"Il faut arrêter le procès en fascisme et en autonomisme fait à notre langue régionale", a dit à Reuters le président UMP du conseil général du Bas-Rhin, Charles Buttner.

"Elle représente un véritable enjeu économique. Des deux côtés du Rhin, le multilinguisme est une force de cohésion et de développement", a-t-il ajouté en référence aux échanges avec les régions allemandes voisines.

Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Marine Pennetier