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Manifestation sous tension contre le mariage homosexuel

Frigide Barjot, figure médiatique de la mobilisation contre le mariage homosexuel en France, ne devrait pas participer à la nouvelle manifestation de dimanche en raison des menaces qui pèsent sur elle, illustrant la radicalisation du mouvement. /Photo pri

Frigide Barjot, figure médiatique de la mobilisation contre le mariage homosexuel en France, ne devrait pas participer à la nouvelle manifestation de dimanche en raison des menaces qui pèsent sur elle, illustrant la radicalisation du mouvement. /Photo pri - -

par Marine Pennetier PARIS (Reuters) - Frigide Barjot, figure médiatique de la mobilisation contre le mariage homosexuel en France, ne devrait pas...

par Marine Pennetier

PARIS (Reuters) - Frigide Barjot, figure médiatique de la mobilisation contre le mariage homosexuel en France, ne devrait pas participer à la nouvelle manifestation de dimanche en raison des menaces qui pèsent sur elle, illustrant la radicalisation du mouvement.

Les organisateurs de cette nouvelle "Manif pour tous" appellent à "une lame de fond" pour les trois cortèges qui rejoindront l'Esplanade des Invalides, même si la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples homosexuels a été adoptée par le Parlement et promulguée par François Hollande le 18 mai.

Aux termes de loi, qui fait de la France le 14e pays au monde à autoriser le mariage de couples homosexuels, une première union sera célébrée le 29 mai à Montpellier (Hérault).

Les appels à la mobilisation des opposants sont brouillés par la crainte de débordements provoqués par des groupes radicaux et de récupération politique, par l'UMP notamment.

Frigide Barjot, qui a été de toutes les manifestations, dont celle qui a réuni le 24 mars 1,4 millions de personnes selon les organisateurs et 300.000 selon la police, craint pour sa sécurité après avoir tenu des propos jugés trop conciliants.

"L'union civile" qu'elle propose désormais pour les couples homosexuels, qui les priverait du droit à l'adoption, est considérée comme une trahison par les radicaux du mouvement et lui ont valu, selon elle, des menaces de mort.

"En l'état actuel des choses, je ne pense pas me rendre à la manifestation car les menaces qui pèsent sur moi, sur ma personne, sont encore extrêmement présentes", a-t-elle dit lors d'un point presse vendredi à Paris.

Elle a précisé que deux agents de sécurité fournis par le gouvernement assuraient depuis jeudi soir sa protection.

MENACES DE MORT

Mais elle encourage toutefois "tout le monde à aller à cette manifestation, le ministre de l'Intérieur a donné les garanties qu'il y aurait un service d'ordre parfaitement conséquent."

Manuel Valls a confirmé que la police ne laisserait pas les fauteurs de trouble perturber les cortèges et annoncé qu'une interdiction du "Printemps français", la frange radicale du mouvement, allait être étudiée.

Dans un communiqué publié mercredi, cette faction menace de prendre pour cible "le gouvernement actuel et tous ses appendices, les partis politiques de la collaboration et les lobbies où s'élaborent les programmes de l'idéologie et les organes qui la diffusent".

"C'est un appel à la violence et il y a de nombreuses menaces même de mort et je ne les prends pas à la légère", a dit Manuel Valls vendredi sur France Info. "La justice va devoir agir parce que c'est intolérable que dans la République il puisse y avoir ces messages de haine."

"Laissez-moi vous dire mon inquiétude", a-t-il ajouté. "Des groupes radicaux d'extrême droite veulent venir en nombre non pour manifester mais pour créer l'affrontement et le désordre et pour s'en prendre aux symboles de la République."

Mais la porte-parole du "Printemps français", Béatrice Bourges, a émis des doutes sur la capacité du gouvernement d'interdire ce qu'elle qualifie d'"état d'esprit".

"Interdire un état d'esprit, ça me paraît assez compliqué", a-t-elle dit sur I>Télé.

L'UMP DIVISÉE

Dans ce contexte tendu, l'appel du président de l'UMP, Jean-François Copé, à manifester massivement contre la politique du gouvernement, notamment familiale, suscite des dissensions à l'intérieur du principal parti d'opposition.

Selon un sondage BVA publié vendredi par Le Parisien et i>Télé, 62% des Français souhaitent en effet que ces manifestations cessent à présent que la loi a été promulguée.

Pour nombre d'élus UMP, soucieux de ne pas apparaître comme contestant la légitimité du vote du Parlement validé par un Conseil constitutionnel majoritairement à droite, il y donc a un risque à participer à la "manifestation de trop".

L'ancien Premier ministre François Fillon, ainsi que les anciens ministres Luc Chatel, Bruno Le Maire ou Nathalie Kosciusko-Morizet ont ainsi refusé de se joindre au cortège.

Mais les partisans de Jean-François Copé veulent alerter l'opinion sur les risques d'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes, sujet renvoyé à un prochain projet de loi et, partant, l'instauration de la gestation pour autrui (GPA), interdite en France.

"Ce n'est pas la manif' de trop, c'est la manif' qu'il faut pour montrer que les Français sont attachés à la politique familiale", a estimé le chef de file des députés UMP à l'Assemblée nationale Christian Jacob sur RTL. "Tous ceux qui se sont mobilisés contre ce texte sont aussi ceux qui se retrouvent dans la défense de la politique familiale."

Edité par Yves Clarisse