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Manifestation sous tension à Paris contre le mariage homosexuel

Les opposants au mariage homosexuel, soutenus par une partie de l'UMP, s'apprêtent à défiler ce dimanche après-midi à Paris sous tension, le gouvernement mettant en garde contre les risques de débordement. Environ 4.500 policiers et gendarmes seront mobil

Les opposants au mariage homosexuel, soutenus par une partie de l'UMP, s'apprêtent à défiler ce dimanche après-midi à Paris sous tension, le gouvernement mettant en garde contre les risques de débordement. Environ 4.500 policiers et gendarmes seront mobil - -

PARIS (Reuters) - Les opposants au mariage homosexuel, soutenus par une partie de l'UMP, s'apprêtent à défiler ce dimanche après-midi à Paris sous...

PARIS (Reuters) - Les opposants au mariage homosexuel, soutenus par une partie de l'UMP, s'apprêtent à défiler ce dimanche après-midi à Paris sous tension, le gouvernement mettant en garde contre les risques de débordement.

Trois cortèges doivent rejoindre l'Esplanade des Invalides. Environ 4.500 policiers et gendarmes seront mobilisés pour prévenir les heurts avec des groupes d'extrême droite.

Le texte de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe a été promulgué par François Hollande le 18 mai dernier.

Plusieurs membres du gouvernement, y compris le Premier ministre, ont appelé les responsables de l'UMP à ne pas durcir le ton.

"À droite, certaines personnalités ont tenu des propos excessifs, voire insurrectionnels et antirépublicains", déclare dimanche Vincent Peillon dans Le Parisien.

"La droite ne gagne rien à jouer les pyromanes (...) Cette 'méga-manif', c'est surtout la méga-pagaille et des méga-divisions de la droite. Derrière toute cette violence se cache en fait un grand désarroi depuis la défaite à la présidentielle", ajoute le ministre de l'Education nationale.

Soulignant que la loi a déjà été promulguée, le ministre du Budget Bernard Cazeneuve a estimé que la loi devait désormais "être appliquée". "Ceux qui manifestent doivent savoir qu'il y a un temps pour tout", a-t-il dit dans le Grand Rendez-Vous sur Europe 1, i>Télé et Le Parisien.

"TENTER DE DÉCOURAGER LES MANIFESTANTS"

L'UMP s'est divisée sur l'opportunité de défiler.

Jean-François Copé a appelé à manifester massivement contre la politique du gouvernement, notamment familiale, mais certaines figures du parti dont l'ancien Premier ministre François Fillon, l'ancien ministre de l'Education Luc Chatel ou encore la candidate à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet ont refusé de se joindre aux cortèges.

Frigide Barjot, figure de la mobilisation contre le mariage gay, a annoncé elle qu'elle ne défilerait pas, en raison de menaces.

Le ministre de l'Intérieur s'est dit pour sa part "inquiet", déconseillant aux familles de s'y rendre avec des enfants.

Manuel Valls a déclaré que la police ne laisserait pas les fauteurs de trouble perturber les cortèges, et annoncé qu'une interdiction du "Printemps français" allait être étudiée.

Pour l'ancien ministre UMP de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui manifestera "précisément pour ne pas abandonner le terrain à de petites minorités extrémistes", ces mises en garde sont "proprement hallucinantes".

"Soit ils révèlent 'une incompétence anticipée', car c'est bien aux pouvoirs publics d'assurer la protection et le bon ordre de ce défilé, comme c'est toujours le cas. Soit c'est une manoeuvre dilatoire pour tenter de décourager les manifestants", ajoute-t-il dans le Journal du dimanche.

Pour le député UMP Hervé Mariton, "ce sera une manifestation de conviction, une manifestation paisible".

La France est le 14e pays au monde à avoir autorisé le mariage de couples homosexuels. Une première union sera célébrée le 29 mai à Montpellier, dans l'Hérault.

Chine Labbé, édité par Henri-Pierre André