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Manif pro-Gaza interdite: au moins 70 interpellations après de nouveaux heurts à Paris

De nouveaux heurts ont éclaté, samedi, lors d'une manif Pro-Gaza interdite à Paris.

De nouveaux heurts ont éclaté, samedi, lors d'une manif Pro-Gaza interdite à Paris. - -

Tout comme le week-end dernier, un nouveau rassemblement pro-Palestine s’est tenu dans la capitale, malgré l’interdiction des autorités. Des débordements ont éclaté, avec notamment des affrontements entre forces de l’ordre et certains protestataires. Les dégâts sont limités.

Jets de projectiles, grenades lacrymogènes et interpellations. Malgré l'interdiction des autorités, plusieurs milliers de personnes ont participé, ce samedi à Paris, à un rassemblement propalestinien, place de la République. De nouveaux heurts avec les forces de l'ordre ont éclaté, mais étaient toutefois bien plus limités et bien mieux maitrisés, une semaine après les violents débordements lors de précédentes manifestations interdites, dans le quartier de Barbès et à Sarcelles.

Selon des chiffres provisoires, au moins de 70 personnes ont été interpellées, dont une trentaine placées en garde à vue, en marge de la manifestation qui s'est déroulée place de la République. C'est ce qu'a indiqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, précisant aussi que 12 blessés légers ont été comptabilisés parmi les CRS et gendarmes mobiles. Les derniers participants ont quitté les lieux vers 19h30.

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Entre 5.000 et 10.000 manifestants

A Paris, la justice, via le Conseil d’Etat, avait confirmé à la mi-journée l'interdiction de la manifestation, décidée par la préfecture de police au motif que les organisateurs n'avaient pas donné de garanties suffisantes de sécurité. Mais vers 17 heures, soit deux heures après le début du rassemblement, environ 5.000 personnes selon une source policière, 10.000 selon un organisateur, se pressaient place de la République, où elles restaient statiques, sans chercher à défiler.

D'abord calme, la manifestation a ensuite donné lieu à des incidents lorsque des petits groupes ont commencé à lancer des projectiles sur les forces de l'ordre, déployées en masse aux abords de la place. Au total, environ 2.000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés dans la capitale. 

Les gendarmes mobiles et CRS ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes, tandis que les parois en verre d'un abribus volaient en éclats et des pierres étaient lancées sur des magasins, qui avaient baissé le rideau. Dans une ambiance plutôt hostile envers les médias, des journalistes ont été pris à partie, dont une équipe de nos confrères d’i>Télé, qui a eu sa caméra jetée à terre, selon la chaîne.

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Une prière au milieu de la place

Alors que le gros des incidents était passé, une trentaine de fidèles musulmans se sont prosternés pour participer à une prière improvisée par un religieux sur la place.

Au début de la manifestation, la foule agitait sous le soleil des drapeaux palestiniens et bannières rouges du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui avait appelé à braver l'interdiction. "Israël hors de Palestine, il est fini le temps des colonies", "Israël assassin, Hollande complice", "Nous sommes tous des Palestiniens", mais aussi "Vive les roquettes de la résistance", ont scandé des manifestants.

"Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se faire massacrer", expliquait Hugo, jeune militant du NPA dont la figure emblématique, Olivier Besancenot, était lui aussi présent.

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Un drapeau israélien brûle, des croix gammées taguées

De jeunes hommes hissés sur le monument de la République ont activé des fumigènes aux couleurs de la Palestine et brûlé un drapeau israélien, sous des applaudissements. Quelques croix gammées ont été taguées sur la pierre du monument.

Avant la manifestation, les forces de l'ordre avaient reçu, selon des sources policières, des "consignes de fermeté" pour intervenir "très rapidement et interpeller" en cas notamment de "slogans ou manifestations antisémites".

Valls redoute "des amalgames insupportables"

Le week-end dernier, deux rassemblements interdits avaient dégénéré, l'un dans le quartier parisien de Barbès, l'autre à Sarcelles, dans la banlieue nord de la capitale, où des commerces, dont une épicerie casher, avaient été saccagés.

Le Premier ministre, Manuel Valls, avait adressé vendredi soir un message d'apaisement aux musulmans. Venu à la mosquée d'Évry-Courcouronnes pour la rupture du jeûne du ramadan, il avait assuré qu'il n'y avait pas "deux poids deux mesures" à leur détriment. "Quand des casseurs se réclament d'une forme dévoyée de l'islam, ce sont les musulmans qui souffrent les premiers car ces actes nourrissent des amalgames insupportables", avait-il estimé.

Jé. M. avec AFP