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Manif pour tous : 45 000 à 270 000 personnes dans la rue

Henri Guaino accuse la préfecture de police de donner des chiffres mensongers sur la manifestation

Henri Guaino accuse la préfecture de police de donner des chiffres mensongers sur la manifestation - -

Dimanche, 45 000 à 270 000 personnes ont défilé contre le mariage pour tous dans les rues de Paris. Les manifestants affirment qu’ils n’abandonneront pas le combat et continueront, même après le vote de la loi, alors que le cortège a défilé sans heurts.

Même si la loi doit être solennellement votée mardi, les anti-mariages pour tous ne désarment pas. Dimanche, ils étaient entre 45 000 (selon la police) et 270 000 (selon les organisateurs) à manifester à Paris. Dernier grand rassemblement des anti-mariage homosexuel avant le vote, le mouvement semble s’essouffler, même si les opposants affirment qu'ils ne « lâcheront rien ». Ils estiment que le gouvernement peut encore reculer et renoncer à cette loi.

« La préfecture de police ment »

Pour Henri Guaino, le député UMP des Yvelines, le chiffrage de la manifestation par les policiers est mensonger. « C’était une énorme manifestation, je ne sais pas combien, mais 45 000 est un chiffre ridicule et mensonger. J’accuse la préfecture de police de mentir, j’accuse le gouvernement de ridiculiser la police en donnant des chiffres pareils. Le gouvernement devrait arrêter d’aggraver ce climat, parce qu’il met en danger les institutions de la République », accuse l’élu.

« Nous présenterons des candidats aux municipales »

Aucun incident n'a éclaté, alors que la sécurité et le calme était le mot d'ordre du collectif de la Manif pour tous. Des milliers de bénévoles, aux tee-shirts jaune et orange, étaient chargés de maintenir l'ordre tout au long de la journée. « C'est une manifestation pacifique », a répété à plusieurs reprises Frigide Barjot, la porte-parole médiatique du collectif qui a affirmé que son mouvement présentera des candidats aux élections municipales de 2014. « Sous une forme et une appellation qui restent à définir, nous allons présenter des candidats dans les villes dont les élus n'ont pas joué le jeu », a-t-elle affirmé.

« Je ne suis pas homophobe mais il faut réagir »

A 17 ans, Romain, en première dans un lycée parisien, a décidé de fouler le pavé « pour la première fois ». « Je viendrai à toutes les autres, affirme toutefois le jeune homme. J’ai été élevé par un père et une mère, un père qui sait mettre des sanctions et la mère qui sait avoir plus d’attention. Donc d’avoir deux pères ou deux mères, ce n’est pas du tout la même chose ». Et s’il avoue qu’il doit son avis sur la question à ses parents, il estime aussi que « dans dix dans, ça nous touchera nous, donc il faut venir manifester. Je ne suis pas homophobe ni raciste, mais il faut réagir et il ne faut pas que la loi passe, ça va tout changer ».

« Je ne célèbrerai pas de mariage homosexuel »

Et même si la loi venait à être appliquée, certains élus affirment qu’ils ne désarmeront pas. Xavier Lemoine, maire Parti Chrétien Démocrate de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, promet qu’il sera à chaque fois dans la rue et que, toute façon, il n’appliquera pas la loi. « Je l’ai dit, écrit, je ne célébrerai pas de mariage homosexuel. Je suis allé regarder avant : trois ans de prison, 45 000 euros d’amende, et destitution par le préfet. Je sais ce que je risque ».
Outre la manifestation nationale du 26 mai prochain, la Manif pour tous appelle à une autre mobilisation le 5 mai.

Mathias Chaillot avec Jean-Baptiste Durand