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La fronde contre l'écotaxe se répand en France

Vendredi, des agriculteurs en colère manifestaient contre l'écotaxe sur l'autoroute A2.

Vendredi, des agriculteurs en colère manifestaient contre l'écotaxe sur l'autoroute A2. - -

Plusieurs manifestations se sont déroulées en Ille-et-Vilaine, à Marseille et dans le Nord. Des bornes ont été dégradées dans le Gard et un portique visé à Paris.

Les manifestations anti-écotaxe se multiplient en France. Plusieurs actions se sont déroulées samedi en Ille-et-Vilaine, près de Lyon, Marseille et dans le Nord, des bornes ont été dégradées dans le Gard et un portique visé à Paris, en pleine fronde initiée en Bretagne contre cette mesure pourtant suspendue par le Premier ministre.

L'Elysée a assuré samedi qu'aucune date n'avait été décidée pour appliquer l'écotaxe, infirmant une information du site lemonde.fr qui évoque l'été prochain. En Bretagne, environ 250 personnes dont certains arborant des "Bonnets rouges" ont manifesté samedi au pied d'un portique écotaxe à Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine). Des agriculteurs ont amené des bottes de paille et les ont enflammé sur le bord de la route.

"Rennes c'est la Bretagne avec PSA aussi, c'est le ras le bol des hommes politiques véreux, de tout le système en général", a dit un salarié de PSA souhaitant garder l'anonymat samedi à Montauban de Bretagne. Selon lui le portique "c'est de la provocation, le gouvernement ferait mieux de les démonter. S'il l'avait fait la tension serait retombée".

Des opérations escargots

Des barrières antiémeutes étaient installées en travers de la route, à deux fois deux voies, entièrement coupée à la circulation, et des gendarmes mobiles et CRS étaient présents en nombre. Dans les Bouches-du-Rhône, des chauffeurs des routiers ont manifesté samedi matin sur l'autoroute A55 près d'un portique écotaxe près de Martigues, protégé par un important dispositif policier.

Une vingtaine de poids lourds ont d'abord mené une opération escargot avant d'installer un barrage filtrant sur l'autoroute à Châteauneuf-les-Martigues à proximité d'un portique écotaxe et de déployer des banderoles: "Stop au racket", "non à l'écotaxe".

Par ailleurs, deux bornes écotaxes ont été endommagées dans la nuit de vendredi à samedi dans le Gard. Les faits se sont déroulés aux alentours de minuit. Les deux bornes, situées d'un côté et de l'autre d'une route départementale sur la commune de Saint-Gilles, ont été incendiée pour l'une et dégradée pour l'autre.

Les dégradations étaient assorties d'une revendication du CRAV, le Comité régional d'action viticole, qui a par le passé revendiqué plusieurs actions violentes dans la région, notamment des attentats à l'explosif. Une enquête a été ouverte et confiée à la compagnie de gendarmerie de Nîmes.

Trois militants du Printemps français interpellés

En outre, une borne écotaxe été brûlée dans la nuit de vendredi à samedi sur la RN7 dans l'Isère. Du côté de Lyon, une trentaine de poids lourds ont mené samedi matin une opération escargot contre l'écotaxe sur les autoroutes A46 puis A43, occasionnant d'importantes perturbations routières, selon Bison Futé.

Deux opérations escargots menées par des transporteurs routiers ont encore eu lieu samedi matin, entre 9 heures et 11 heures, sur l'A1 entre Paris et Lille et sur l'A25 entre Dunkerque et Lille, provoquant d'importants bouchons. Ce mouvement a eu lieu à l'appel du "Collectif national 'Alain Spinelli' pour la préservation du transport routier français, branche Nord", selon la préfecture du Nord. Le collectif Alain Spinelli précise sur sa page Facebook être "contre l'écotaxe, le cabotage illégal et la concurrence déloyale".

En outre, à Paris, trois militants du Printemps français ont été interpellés samedi matin après avoir mené une action sur un portique écotaxe enjambant le périphérique parisien, près de la porte Maillot dans le XVIe arrondissement.

L. B. avec AFP