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Journée de mobilisation pour les salaires

A Paris, les manifestants se regroupent ensuite place de la Bastille. Sur le reste du territoire, des rassemblements sont prévus dans les grandes ville

A Paris, les manifestants se regroupent ensuite place de la Bastille. Sur le reste du territoire, des rassemblements sont prévus dans les grandes ville - -

39 manifestations, 56 rassemblements dans 79 départements selon la CGT. Ce mardi, la fonction publique est dans la rue. Les revendications ? Le coût de la vie de plus en plus élevé face à des salaires qui n’augmentent pas.

Ils seront nombreux dans les rues des grandes villes de France ce mardi. Les fonctionnaires sont appelés par huit syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa, Solidaires, CFTC et CGC) à se rassembler. En effet, si les organisations syndicales espèrent une mobilisation des 5,2 millions d’agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale et hospitalière), elles n’ont pas appelé à la grève. Ces dernières risquent donc d’être relativement faible ce mardi, deux préavis seulement ayant été déposés par la CGT et Solidaires.

Manifestations partout en France

Ce sont donc les manifestations qui rassembleront le plus ce mardi dès la fin de matinée. A Paris, rendez-vous est pris pour 11h30 à Bercy avant que les syndicats soient reçus à midi au ministère et que les manifestants se regroupent ensuite place de la Bastille. Sur le reste du territoire, des rassemblements sont prévus dans les grandes villes (Marseille, Toulouse, Strasbourg, Lyon, Tours...).

« Il existe des fonctionnaires qui dorment dans leur voiture»

Lahouari Boubékeur est secrétaire régional à la CFDT Île-de-France et spécialiste des questions de logements et de transports. Il affirme que de plus en plus de fonctionnaires font face à de graves problèmes de précarité : « Il existe des fonctionnaires qui n’ont pas accès au logement et donc ils dorment dans leur voiture. Parce qu’ils ne gagnent pas assez. Et le soir quand ils finissent leur travail, ils prennent leur voiture et vont dormir dedans. C’est des fonctionnaires qui travaillent dans des collectivités territoriales comme des agents de la fonction publique qui travaillent à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). La demande des fonctionnaires aujourd’hui sur l’augmentation du pouvoir d’achat n’est pas pour rajouter du beurre aux épinards mais c’est véritablement pour avoir des épinards ».

« Je vais pas y aller. Financièrement, j'en ai pas les moyens. »

Pour certains fonctionnaires, il devient même difficile d’aller manifester pour des raisons financières. C’est le cas d’Olivier qui est chauffeur de bus (assimilé fonctionnaire). Ira-t-il manifester ? « Non. Je vais pas pouvoir, malheureusement, y aller. Si je voulais aller manifester il faudrait que je pose une journée en tant que gréviste et aujourd’hui financièrement je n’en ai pas les moyens. Moi aujourd’hui je suis aux alentours de 1700 euros net. Je suis étranglé, le gaz a augmenté, la nourriture a augmenté, le loyer il a augmenté. Moi mon salaire il a pas augmenté. L’essence a augmenté. Quand le gasoil il était à 1,70€, je l’ai senti passer. Parce que tous les matins à 4h, il n’y a pas de bus, c’est moi qui les démarre les premier bus. On nous met le couteau sous la gorge tout le temps ».

« On passe pour des gugusses. On est les dindons de la farce »

Bruno lui va aller manifester. Agent à la Poste, il estime que son salaire n’est pas assez conséquent après 20 ans de maison. « Au bout de 20 ans d’ancienneté, je suis à 1500€ et des brouettes par mois. Ce que je constate c‘est que les prix augmentent. Quand on fait un chariot pour faire les courses ça coute 200-250 euros quand on a deux gamins comme moi. Et que le coût de la vie augmente beaucoup plus que le salaire. On nous a servit la soupe du service publique au service des autres et puis finalement on passe pour des gugusses. Et qu’on est les dindons de la farce mais tous, privé, publique, nous, les gens qui travaillent. Comme le président l’a dit quand il s’est fait élire : la France qui se lève tôt. Elle l’a bien dans l’os la France qui se lève tôt ».

La Rédaction avec Yann Abback