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Front de gauche : plusieurs dizaines de milliers de personnes dans la rue contre l'austérité

Le Front de gauche a appelé à une 6eme République et au "retour de la vraie gauche".

Le Front de gauche a appelé à une 6eme République et au "retour de la vraie gauche". - -

Plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées dimanche à Paris contre l'austérité et pour une 6eme République. Le Parti socialiste accuse Jean-Luc Mélenchon de chercher la division, mais le Front de gauche assurer faire son devoir.

Pour souhaiter bon anniversaire après un an de présidence de François Hollande, Jean-Luc Mélenchon a mobilisé, dimanche, dans les rue de Paris. Ils étaient plusieurs dizaines de milliers de personnes (180 000 selon les organisateurs, 30 000 selon la police), et rejetaient en bloc l'ensemble de la politique du gouvernement : accord sur l'emploi, traités européens, réformes des retraites, austérité... « Il n'y a pas d'austérité, ça c'est une invention de propagande », lui a répondu Jean-Marc Ayrault dans la soirée sur TF1.
« Aucun monarque, fut-il républicain, ne nous imposera jamais sa loi », a dit Jean-Luc Mélenchon devant des manifestants criant « résistance ! », près de la place de la Bastille. « Nous ne voulons pas de la finance au pouvoir, nous n'acceptons pas les politiques d'austérité qui vouent notre peuple, comme tous ceux d'Europe, à une souffrance sans fin ». « C'est nous qui commençons, avec cette marche citoyenne, cette insurrection dont la patrie républicaine a besoin », a poursuivi le quatrième homme de l'élection présidentielle de 2012.

« La gauche n’a pas besoin de vocifération »

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a lui qualifié Jean-Luc Mélenchon de « théoricien du chaos », estimant que le coprésident du Parti de gauche devrait plutôt participer au redressement économique de la France « au lieu de mettre du désordre ». Pour Harlem Désir, premier secrétaire du PS, le Front de gauche est même nuisible à l’ensemble de la gauche « on n’a pas besoin d’un fracas, d’une gauche qui se déchire, mais qui se rassemble dans l’action. J’appelle toute la gauche, y compris monsieur Mélenchon, à s’inscrire dans l’action pour changer la société vers la juste sociale. La gauche n’a pas besoin de vocifération, elle a besoin d’action en commun ».

« Que le peuple ait le dernier mot »

Mais en face, au contraire, on estime que le Front de gauche a son utilité dans le paysage politique. « Oui, Mélenchon et le Front de gauche sont utiles, mais pas pour être un faire-valoir », précise Dominique Adenot, maire communiste de Champigny et présent à la manifestation. « Nous sommes utiles parce qu’il faut que le peuple ait le dernier mot. Le patronat a toujours la parole avec ce gouvernement, dès qu’il hausse le ton, le gouvernement s’excuse et accepte. Il est utile à la gauche pour l’avenir de la gauche, pour qu’elle n’aille pas dans le mur ».

« Eviter le retour de la droite »

Pour Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche, ce n’est pourtant « pas gauche contre gauche » mais la seule solution pour éviter un retour de la droite. « On sait qu’il y a deux lignes à gauche, nous on prétend que notre ligne est majoritaire et qu’il faut l’appliquer. En tout cas c’est la seule façon d’éviter le retour de la droite et l’extrême droite dans ce pays. Ce dont il s’agit, c’est de faire l’état des lieux un an après : ça ne va pas, c’est une politique qui nous mène contre le mur, et nous disons que nous ne voulons pas attendre le retour de monsieur Sarkozy et ses amis. Si des socialistes veulent nous rejoindre dans un vrai front contre l’austérité, ils seront les bienvenus ».

« La gauche dynamique, elle est là »

Lui aussi secrétaire national du Parti de gauche, Alexis Corbière est pour l’affrontement avec le Parti socialiste. « Aux prochaines élections, le Front de gauche sera présent, notamment aux européennes avec des listes autonomes, et vous verrez que nous serons devant le Parti socialiste pour montrer que la gauche dynamique, qui tient tête à la Finance, elle est là, affirme-t-il. Nous sommes une force autonome et conquérante qui a les plus grandes ambitions, diriger le pays pour le sortir de la crise dans laquelle il est plongé. On est de gauche, et le peuple de gauche est là, rassemblé, un an après avoir chassé Sarkozy et avec l’impression que c’est la même politique qui continue ».

M. Chaillot avec M. Moulin, P. Rigo et JB. Durand