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« Faire la grève, c'est du luxe ! »

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Solidaires des revendications de ce jeudi 19 mars, certains patrons et salariés qui aimeraient bien faire grève, ne peuvent pas. Reportage à Marseille.

Si la grève est un droit, elle peut s'avérer être un luxe pour certains. « Tout à fait d'accord avec les revendications » de cette journée de mobilisation du 19 mars, Frédéric, serveur dans un restaurant s'excuse de ne pas pouvoir y prendre part : « je suis désolé mais je ne peux pas me permettre de faire grève aujourd'hui, c'est du luxe. Je viens d'avoir un môme, d'acheter un appartement de 3 pièces, j'ai des crédits en cours. Un jour de salaire, c'est énorme pour moi. Même une demi-journée de grève, je ne peux pas me le permettre, je suis désolé. »

Un patron « forcé » à travailler par ses employés

Du côté des patrons aussi, les non-grévistes "contraints" existent. Toni a 58 ans. Il est propriétaire d'une boutique de vêtements. Il aimerait lui aussi faire grève, mais il va rester ouvert à la demande de ses 10 employés : « on n'a pas les moyens de faire grève parce que si on fait grève, on est obligé de tirer le rideau et 10 personnes vont se retrouver à la porte pendant une journée. Et ils ne peuvent pas non plus supporter une journée de non-salaire. Dans le fond, moi je veux bien aller dans la rue dire que je ne suis pas content, mais mes ouvriers me forcent à ne pas fermer et me disent "monsieur, nous on veut travailler" ».

La rédaction, avec Eric Chimot